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Quand l’éthique fout le camp

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Ainsi, par un simple arrêt sur l’image de Barak Obama serrant la main du président élu, Donald Trump, à la Maison-Blanche, le 10 novembre dernier, on va tourner la page sur des mois de déclarations incendiaires du candidat Trump et on efface tout.

Les nouveaux habits de Trump

On nous invite à passer l’éponge sur un discours dégoulinant de haine, de sexisme, de racisme, d’homophobie et de mépris à l’égard des vétérans et des personnes handicapées, qu’il a tenu tout au long de sa course à la présidence.

Puisque la fin justifie les moyens, il faut se faire à l’idée qu’il puisse expulser trois millions d’immigrants illégaux, dans les premiers jours de son accession à la présidence, le 20 janvier 2017, interdire l’entrée aux musulmans sur le territoire américain et endiguer le flux des travailleurs latino-américains, en érigeant, aux frais du Mexique, un mur infranchissable sur la frontière sud des États-Unis.

Il faut aussi oublier comment ce milliardaire qui s’est enrichi aux dépens des plus démunis a fait son argent avec l’argent des autres, en refilant le financement de ses multiples faillites commerciales aux contribuables américains et en refusant de payer sa part d’impôt au trésor public.

Le populisme : une menace

Mais cette vague de populisme qui a porté Trump au pouvoir et qui a trouvé écho dans plusieurs démocraties du monde occidental est loin d’être un phénomène passager. Elle légitimise le racisme et la xénophobie qui creusent des fractures profondes dans une société déjà fragilisée par les crises économiques, l’exclusion et les tensions raciales. Elle donne surtout des ailes à une extrême droite montante qui ne se gêne même plus pour dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas.

Le discours haineux de Trump a atteint différentes sphères de la société, comme en témoignent les vagues d’intimidation qui ont suivi son élection et qui se manifestent ouvertement dans certaines écoles du primaire, du secondaire et à l’université où des jeunes brandissent, sans vergogne, le slogan du «White Power». On est loin du rêve américain.