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Un proprio négligent dénoncé

Une enquête criminelle a été ouverte pour connaître la cause du violent incendie au quartier chinois, hier

FD-FEU DANS LE QUARTIER CHINOIS
Photo Agence QMI, Maxime Deland L’édifice de trois étages a rapidement été ravagé par les flammes, déjà bien visibles à l’arrivée des pompiers. Selon le service d’incendie de Montréal, il a été difficile d’amener les véhicules et d'apporter les ressources d’eau suffisantes sur les lieux.

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C’est la négligence d’un propriétaire qui aurait mené au violent incendie qui a ravagé un édifice patrimonial du quartier chinois hier, dénonce Projet Montréal, qui juge que la Ville devrait être plus sévère.

Le bâtiment du boulevard Saint-Laurent est resté vacant trop longtemps, selon la conseillère Anne-Marie Sigouin, surtout que les pompiers le jugeaient dangereux, car il y avait des trous dans le plancher. Elle ajoute que le propriétaire avait aussi accumulé des dettes auprès de créanciers, qui n’ont pas toutes été remboursées.

L’incendie, qui aurait pris naissance vers 11 h 20, a rapidement pris de l’ampleur. Plus de 120 pompiers ont été mobilisés pour éteindre les flam­mes, qui ont dégagé un épais nuage de fumée sur le centre-ville.

«Il faut que la Ville impose des pénalités pour les propriétaires qui laissent vacant un immeuble d’intérêt», lance la conseillère de l’opposition, qui déplore la perte de cinq édifices patrimoniaux vacants par les flammes cette année seulement.

Amiante

Acheté en 2012 au coût de 2,7 millions $, l’édifice Robillard est resté vide depuis. Des travaux avaient été entrepris en avril dernier, mais ils ont été interrompus par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) lorsque de l’amiante a été découvert.

Jointe au téléphone à maintes reprises, hier, la propriétaire de l’immeuble, Tian Tian Ni, a refusé de répondre à nos questions.

Selon l’entrepreneur embauché pour les travaux, Roberto Labrie, l’édifice contenait aussi de nombreux produits chimiques.

«Nous devions vider et démolir le premier étage, mais le propriétaire refusait de payer une fois l’amiante trouvé», dénonce celui à qui la propriétaire doit toujours 18 000 $.

Ce dernier a pris une hypothèque légale pour tenter de se faire payer. Il est le troisième à le faire en deux ans.

M. Labrie, qui dénonce avoir eu de nombreux problèmes avec la propriétaire, craint que son entreprise fasse faillite.

Enquête criminelle

Par ailleurs, une enquête criminelle a été ouverte par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour élucider la cause du violent sinistre, qui s’est aussi propagé au bâtiment voisin. Les enquêteurs se rendront sur place ce matin, une fois la démolition terminée.

Le conseiller municipal responsable de la Stratégie du centre-ville, Richard Bergeron, assure que Montréal agit de façon proactive pour protéger son patrimoine.

C’est l’arrondissement Ville-Marie qui avait deman­dé des travaux après une inspection.

«La Ville ne peut pas se porter acquéreur de tous les édifices», soutient-il.

– Avec la collaboration de Benoît Philie