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Cassés, par idéologie

caucus liberal
Photo Simon Clark

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J’ai depuis longtemps accepté que la majorité des Québécois ne partage pas mon point de vue en matière économique. L’opposition à tout ce qui pourrait polluer, puer, faire du bruit ou de la poussière semble répandue au Québec. Personnellement, je crois davantage aux vertus de l’enrichissement collectif.

Malgré une certaine résignation à accep­ter sereinement la volonté majoritaire de mon peuple, il est des jours où je sursaute. Ce fut le cas cette semaine. Le premier ministre a semblé rabrouer le ministre des Ressources naturelles qui avait laissé la porte ouverte à une exploitation des gaz de schiste dans le long terme.

Monsieur Couillard ferme la porte à toute avancée même dans 10, 15 ou 20 ans, certain que l’opinion publique s’y oppose pour les siècles des siècles, amen. Le pauvre ministre Pierre Arcand croyait à l’évolution des technologies et des mentalités. Erreur.

Avec une technologie améliorée ?

Si jamais les technologies permettent d’exploiter les gaz de schiste avec un minimum de risques environnementaux? Si jamais les nouvelles conditions d’exploitation et une nouvelle attitude des compagnies généraient une bonne acceptabilité sociale? Si jamais des chercheurs québécois révolutionnaient les méthodes d’exploitation et voulaient faire profiter les communautés de cette richesse naturelle au maximum? Non, jamais!

Sommes-nous sérieusement en train de répondre non à toutes ces questions? Dans ce cas, le Québec se trouve enfermé à double tour dans une idéologie qui me fait peur. Il ne s’agit plus seulement de dire que dans les circonstances actuelles, nous préférons passer notre tour à cause de certaines craintes. Il s’agit de mettre un X définitif sur une ressource de grande valeur.

En avons-nous vraiment les moyens? Compte tenu de l’incapacité du Québec à créer de la richesse au même rythme que le reste du Canada ou les États-Unis, est-ce logique d’afficher une attitude aussi bornée par rapport à nos propres ressources?

Il me semble que sans renier nos convictions environnementales, notre statut de province la plus pauvre du Cana­da devrait nous amener à une approche plus ouverte et plus pragmatique en face d’opportunités de création de richesse.

Souvenirs d’Anticosti

Les déclarations du premier ministre Couillard cette semaine ne sont pas sans rappeler la même fermeture d’esprit, très idéologique, qui avait marqué ses déclarations sur Anticosti. Dans ce cas, bien que le gouvernement québécois eût pris un partenariat dans le projet, le premier ministre refusait de compléter la phase exploratoire.

C’est loin d’être banal! Non seulement serions-nous l’une des seules nations du monde à ne pas exploiter ces précieuses ressources que sont le gaz et le pétrole, mais nous refusons même de savoir si la ressource est disponible et exploitable. Nous préférons l’ignorer.

Le gouvernement du Québec est même prêt à verser un dédommagement à ses partenaires pour se retirer de l’exploration à Anticosti. Payer pour ne pas savoir.

La province pauvre qui ferme la porte à des pans entiers de développement économique. Cette simplicité volontaire serait admirable si, en parallèle, nous n’étions pas ceux qui en demandent le plus à nos gouvernements.