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L’éducation populaire reléguée à l’arrière-plan

Un rapport propose de ramener les projecteurs sur cette «face cachée» de l’éducation

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Malgré son apport «incontournable» à la société québécoise, l’éducation populaire a disparu de «l’écran radar», déplore le Conseil supérieur de l’éducation qui réclame qu’on lui accorde toute l’importance qu’elle mérite afin, notamment, de lutter contre l’analphabétisme.

Au cours des dernières années, l’éducation populaire a perdu du terrain si bien qu’elle n’est plus reconnue aujourd’hui à sa juste valeur, peut-on lire dans l’avis rendu public lundi par le Conseil, qui s’étend sur plus de 200 pages.

Au fil des ans, les commissions scolaires ont réduit leur offre en éducation populaire et les politiques gouvernementales lui accordent bien peu de place puisque les dernières mentions remontent au début des années 2000, déplore l’organisme.

«Les pratiques d’éducation populaire, c’est un peu la face cachée de l’éducation», lance Lucie Bouchard, présidente par intérim du CSE.

Éducation tout au long de la vie

Pour des adultes, l’éducation populaire est «une autre façon d’apprendre» et peut prendre «différents visages», explique Mme Bouchard. Il peut s’agir d’apprendre à se débrouiller sur l’ordinateur, à gérer son budget ou à lire et à écrire. Au Québec, environ 4000 organismes communautaires font de l’éducation populaire au quotidien, à différents degrés.

Le Conseil souligne que l’éducation ne doit pas servir uniquement à former des travailleurs qualifiés pour occuper un emploi et plaide pour une meilleure reconnaissance et un financement accru de ce type d’éducation tout au long de la vie. «En élargir l’accès va de soi», peut-on lire.

En s’intéressant à ce pan méconnu de l’éducation aux adultes, le Conseil supérieur de l’éducation estime qu’il joue «d’audace» et espère «changer de façon marquée, au Québec, la conception de l’éducation en générale et de l’éducation des adultes en particulier».

Au Québec, 53% des citoyens éprouvent des difficultés en lecture à différents degrés et peuvent être considérés comme analphabètes fonctionnels.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, mène présentement des consultations sur la réussite éducative où il est notamment question d’apprentissage «tout au long de la vie».