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Un poste de police mixte à Val-d’Or

Des policiers autochtones et de la SQ seront réunis pour faire face à la problématique autochtone

Martin Prud’homme, directeur général de la Sûreté du Québec, a opté pour la création d’un poste de police mixte.
Photo d’archives, chantal poirier Martin Prud’homme, directeur général de la Sûreté du Québec, a opté pour la création d’un poste de police mixte.

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VAL-D’OR | Un nouveau poste de police dont le mandat principal sera d’intervenir auprès des autochtones ouvrira ses portes d’ici quelques mois à Val-d’Or.

Le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud’homme, ne s’en cache pas, le lien de confiance entre les autochtones de Val-d’Or et les policiers de la SQ est brisé depuis que des femmes autochtones ont allégué avoir été agressées par des policiers, qui ont depuis été blanchis.

Pour rétablir ce lien, la SQ ouvrira un poste de police communautaire autochtone mixte au centre-ville de Val-d’Or.

Il s’agira d’un poste indépendant du poste actuel, mais qui travaillera de concert avec celui-ci.

16 policiers

Environ 16 policiers seront affectés à ce nouveau poste, dont la moitié proviendra de corps de police autochtone et l’autre moitié de la SQ. Le poste comptera également des intervenants communautaires qui seront présents en tout temps pour diriger les autochtones vers les bonnes ressources.

«Si on a des policiers dédiés à 100 % à la problématique autochtone, ils vont prendre le temps de bien traiter les dossiers et de trouver les bons endroits pour les soutenir», a dit M. Prud’homme.

Ce dernier assure qu’il ne s’agit pas d’un désaveu à l’endroit des policiers de Val-d’Or, au contraire.

«C’est un poste de soutien pour la réalité de Val-d’Or. Pour que nos policiers puissent être dégagés pour faire leur travail. Ici à Val-d’Or, il y a une réalité et on doit être capable de s’adapter à ça», a-t-il dit.

Depuis un an, le poste de la SQ à Val-d’Or est passé de 57 à 74 policiers. Une fois le nouveau poste en place, il y aura environ 90 policiers dans une ville de 32 000 citoyens.

Pas adéquat

«Je crois que notre réponse à Val-d’Or n’est pas adéquate. C’est un grand territoire. Il y a une problématique particulière avec l’itinérance autochtone et la toxicomanie. Il faut prendre le temps de régler ces problèmes-là. Si on ne prend pas le temps, on se retrouve avec des situations de tension qui s’amplifient», dit M. Prud’homme.

Pour l’instant, ce nouveau poste est un projet-pilote d’une durée d’un an, mais Martin Prud’homme aimerait qu’il devienne permanent. L’expérience pourrait également être répétée ailleurs si elle est concluante.

«L’idée est d’avoir des policiers qui proviennent d’un peu partout et qui partagent leurs expériences pour arriver à de bons résultats. Ils arriveront avec leurs uniformes et leurs équipements», a-t-il dit.

Les policiers ont beaucoup de rancœur

VAL-D’OR | Deux des six policiers qui ont été suspendus à la suite des allégations d’agressions de la part de femmes autochtones ont clamé leur innocence hier soir à l’émission J.E.

Les policiers gardent encore beaucoup de rancœur de la façon dont ils disent avoir été sacrifiés par leur employeur au lendemain de la diffusion du reportage d’Enquête dans lequel des femmes autochtones prétendaient avoir subi de mauvais traitements.

«J’étais en colère. Je ne pouvais pas croire que des gens allaient croire ce qui était dit dans le reportage. On s’est fait suspendre le lendemain. C’était l’incompréhension pour la famille. Il fallait se justifier pour quelque chose qui n’est pas arrivé», a dit Émilie Langlois, une policière suspendue.

Son collègue Simon Drouin soutient avoir dû recourir à du soutien psychologique. «Ça a été très dur. Je ne peux pas croire qu’on a vécu ça depuis 13 mois pour absolument rien [...] Je n’ai rien à fêter. On aurait tout simplement dû ne jamais se rendre là», dit-il.

Refaire les ponts

Le directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, est convaincu que les policiers reprendront du service et feront du bon travail.

Il admet que pour certains, ça va prendre du temps avant de retrouver la confiance.

«On va supporter nos policiers qui ont été visés, c’est le plus important. Ça va demander du temps pour certains, mais on va y arriver», dit-il.

Même si le directeur des poursuites criminelles et pénales a annoncé qu’il n’y aurait pas d’accusations à l’endroit des policiers de Val-d’Or, le doute subsiste chez plusieurs autochtones, ce qui rend le travail difficile.

«Ce n’est pas facile de travailler à Val-d’Or. Ce n’était pas facile avant la crise et ça l’est encore moins après», a résumé le policier François Carbonneau, qui n’a pas été visé par l’enquête.