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Un insecticide qui tue les abeilles bientôt interdit

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Un premier insecticide qui serait parmi les responsables de la disparition d’abeilles en plus d’être très persistant dans l’environnement devrait bientôt être interdit au Canada.

«On applaudit la décision puisque c’est un insecticide qui est grandement utilisé. Il reste dans les sols, dans les cours d’eau et affecte les insectes pollinisateurs, les insectes aquatiques et les vers de terre alors qu’il ne serait nécessaire que dans 5 à 10 % des cas où il est utilisé», mentionne Nadine Bachand, d’Équiterre.

Cet insecticide, l'imidaclopride, fait partie de la famille des néonicotinoïdes, montrés du doigt par de nombreuses études pour les dangers qu’ils posent aux abeilles. Il est utilisé dans de nombreuses cultures, mais surtout comme enrobage de semences pour le maïs et le soya.

Les impacts sur l’humain ne sont pas encore clairement démontrés, mais des chercheurs s’inquiètent des effets neurologiques possibles.

«Il y a des questionnements sur le fait qu’une exposition chronique pourrait réduire le quotient intellectuel, augmenter l’hyperactivité ou réduire la capacité neuromotrice», explique Sébastien Sauvé, professeur en chimie environnementale à l’Université de Montréal.

« Déplacer le problème »

Santé Canada a annoncé mercredi que l’usage actuel de l’imidaclopride «ne peut durer» et l’organisation a proposé un plan d’élimination progressive de l’insecticide sur trois ans.

Un processus trop long, selon Mme Bachand. «Ça fait déjà quatre ans qu’on sait qu’il a un grand impact sur les insectes pollinisateurs. Il faut agir vite», insiste-t-elle.

M. Sauvé croit par ailleurs qu’en ne s’attaquant qu’à un seul néonicotinoïde, on ne fait que «déplacer le problème».

«Ce qui risque d’arriver, c’est que les autres pesticides de la même famille soient plus utilisés pour remplacer l’imidaclopride et ainsi amener d’autres problèmes», soutient-il.