/news/society
Navigation

Un superhéros veille sur Montréal

Coup d'oeil sur cet article

Depuis cinq ans, un Montréalais connu sous le pseudonyme de Lightstep patrouille dans les rues du centre-ville la nuit déguisé en superhéros pour venir en aide aux gens qu’il croise.

Au moins une fois par semaine, le trentenaire, qui veut demeurer anonyme, quitte son nid douillet du Plateau et arpente la ville. Gilet pare-balle, jambières de moto-cross et masque de lutteur mexicain, il ne fait pas les choses à moitié.

Dans son sac, une trousse de premiers soins, des seringues stériles et des bandages. De quoi répondre aux premiers besoins des plus démunis, souvent livrés à eux-mêmes.

Lightstep fait partie de la communauté des «real-life superheroes». Née au Mexique dans les années 90 et bien implantée aux États-Unis, cette communauté se donne pour mission d’aider les gens dans le besoin. Ses adeptes choisissent d’être masqués. Lightstep serait actuellement le seul à Montréal.

Interpellé par un vol

Tout a commencé un soir, lorsqu’un jeune homme s’est fait voler son ordinateur sous ses yeux. À l’époque, il n’avait pas encore créé son personnage.

Il a décidé de l’aider. «Il m’a demandé si ça m’arrivait souvent de faire ça. Je me suis dit que sa question était bête. C’était comme s’il me demandait si ça m’arrivait souvent d’aider les gens.»

Pour lui, ce fut le déclic. «Se créer un personnage est important pour devenir un repère, devenir quelqu’un en qui les gens ont confiance. Mais c’est aussi pour me protéger d’éventuelles représailles», explique-t-il.

Lightstep n’aime pas forcément dire qu’il est un héros ou un justicier. «Je m’identifie plutôt comme un altruiste extrême. La distinction est importante, car elle m’enlève de ce lieu magique et intouchable dans lequel évoluent les superhéros», poursuit-il.

À ses côtés

La nuit où nous l’accompagnons dans sa patrouille, plusieurs passants l'interpellent. «Vous n’auriez pas une cigarette? Une petite pièce?» Lightstep ne donne jamais d’argent.

D’autres veulent juste prendre une photo avec lui. Il s’éloigne peu à peu de l’effervescence de Sainte-Catherine et traverse quelques parcs aux abords de la rue Notre-Dame.

L’ambiance est plus glauque. Il observe attentivement un homme affalé sur un banc. «Personne ne se soucie de ces gens-là, alors qu’ils sont peut-être inconscients», se désole-t-il. Lightstep, lui, tente de veiller sur eux.