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Pas de salon de massage érotique à Saint-Jérôme

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Il sera bientôt pratiquement impossible d’ouvrir un salon de massage érotique à Saint-Jérôme, une annonce qui fait dire à plusieurs que Montréal se traîne les pieds dans ce dossier.

«À Montréal, c’est l’inertie totale. Coderre s’est fait élire en promettant de faire le ménage et il n’a rien fait [...] On ne veut juste pas se fatiguer le derrière», s’impatiente la criminologue Maria Mourani.

À son avis, le maire Denis Coderre devrait prendre exemple sur le maire de Saint-Jérôme, qui a indiqué vendredi qu’il allait changer son règlement de zonage de façon qu’aucun salon de massage érotique ne puisse réellement ouvrir ses portes.

Prévention

Saint-Jérôme ne compte actuellement aucun salon de massage érotique, mais il y a une centaine de zones où leur exploitation est permise. Le mois prochain, le nombre de zones sera réduit à une seule. «Et ce sera une toute petite zone dans le parc industriel», explique le maire Stéphane Maher, qui dit vouloir agir par prévention.

S’il procède ainsi plutôt que de carrément interdire les salons de massage érotique, c’est parce que la loi provinciale ne lui permet pas d’interdire à 100 % un type de commerce sur son territoire.

M. Maher n’envie toutefois pas la situation de Montréal, où de nombreux salons ont déjà pignon sur rue.

Du côté de la Ville de Montréal, on indique qu’il y a actuellement des négociations avec le gouvernement du Québec.

«L'administration Coderre demande le droit de révoquer [les permis pour soins personnels délivrés à ces salons] lorsque des actes illégaux sont perpétrés dans un établissement», explique la relationniste Linda Boutin.

Contre la sécurité

Si la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle se réjouit de l’exemple de Saint-Jérôme et trouve aussi que Montréal tarde à agir pour fermer ces commerces, ce n’est pas le cas de tous les représentants du milieu.

«Qu’un maire [de Saint-Jérôme] ose attaquer les travailleuses du sexe en pleine journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, c’est frustrant», s’indigne Sandra Wesley, directrice générale de Chez Stella.

«Ça va à l’encontre de ce qu’on sait sur la sécurité des travailleuses du sexe. Quand on ferme un établissement, elles sont forcées de travailler encore plus dans l’ombre», dénonce Mme Wesley.