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Peine de 54 jours de prison pour ses chats

Le règlement de la municipalité de Franklin permet un seul chat et interdit de nourrir les bêtes errantes

prison chat
Photo Magalie Lapointe Sylvain Brunette avait reçu trois contraventions depuis 2013 pour avoir gardé six chats plutôt qu’un seul comme l’exige le règlement.

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FRANKLIN | Un homme de 54 ans s’est retrouvé à la prison de Bordeaux entouré de criminels, a couché par terre sur un mince tapis, n’a pu manger à sa faim et a même craint pour sa vie parce qu’il garde six chats chez lui et nourrit des chats errants.

Sylvain Brunette a été arrêté le 6 novembre par deux policiers et un étudiant en techniques policières, qui l’ont amené directement à Bordeaux où il a passé quatre jours avant que des membres de sa famille paient la caution de 1409,22 $ pour qu’il puisse être libéré. Un juge à la Cour municipale l’avait condamné à 54 jours de prison.

Le seul crime qu’il a commis est d’abord d’avoir gardé six chats chez lui alors que le règlement de la municipalité de Franklin en Montérégie ne lui en permet qu'un seul. Et aussi d’avoir nourri et soigné des chats errants.

Ses voisins aussi

«Oui j’ai six chats, mais ils restent toujours à l’intérieur de ma maison. Ils dérangent qui? On est à la campagne, mon voisin a plusieurs chiens, un autre a plusieurs chats sur ses terres et ils ne se sont jamais retrouvés en prison», s’est questionné Sylvain Brunette, qui soutient que ses félins sont très bien traités.

Depuis 2013, le Franklinois a cumulé trois infractions pour un montant total de 1208 $.

M. Brunette reconnaît ne jamais payer ses amendes, lui qui vit de l’aide sociale. Il trouve cependant excessif de le placer avec des criminels endurcis parce qu’il a trop de chats.

Il ne nie pas vouloir sauver la vie des chats errants lorsqu’il en voit qui sont blessés, mais il ne voit rien de mal dans ça.

«L’autre jour, il y avait un chat avec un plomb sur lui, j’ai enlevé le plomb, désinfecté sa plaie et je lui ai fait un bandage.

«Depuis que je suis petit que j’ai une passion pour les animaux», dit-il.

Peur des détenus

En prison, ce pacifique dit avoir eu très peur des autres détenus. Il marchait toujours dos au mur pour ne pas se faire agresser par-derrière.

«Les gars sont gros, sont grands et méchants. Moi, tout ce que je veux, c’est de m’occuper de mes chats», a-t-il dit.

L’amoureux des animaux jure que sans ses chats, il ne serait plus en vie aujourd’hui.

«J’ai vécu de multiples agressions. Je ne sais même pas écrire. J’ai appris à lire seul, tranquillement. Mais il y a une chose que je sais, c’est que jamais je ne ferais mal à personne et je serais le premier à sauver un humain et également le premier à sauver un animal», a dit Sylvain Brunette.

Entouré de criminels qui font régner la loi

Sylvain Brunette dit avoir eu très peur lors de son court séjour entre les murs de Bordeaux.

L’amoureux des chats avait déjà séjourné à l’établissement provincial il y a une quinzaine d’années pour un billet de stationnement impayé. Il jure que cette prison n’est plus ce qu’elle était.

«Dès le lendemain de mon arrivée, le comité de détenus m’a accueilli pour m'expliquer le fonctionnement de la place, j’avais peur, ils sont épeurants», a raconté l’homme encore bouleversé.

En quatre jours, M. Brunette affirme avoir vu plusieurs atrocités.

Il prétend avoir vu un jeune homme à peine majeur se faire agresser à plusieurs reprises. Il a été témoin de trafic et de consommation de drogue ainsi que de violence.

«Imaginez, moi j’étais là pour avoir gardé mes chats et je ne ferais pas de mal à une mouche», a lancé l’ancien détenu.

Selon l’homme, même la gestion de la nourriture est menée par le comité de détenus, un groupe qui fait la loi à l’intérieur des murs. Les leaders mangeraient à leur faim et les autres prendraient les restes.

M. Brunette a préféré sauter quelques repas et s’en tenir à ses deux cafés par jour, ainsi que des tasses d’eau chaude pour éviter des représailles des membres du comité.

Toujours

Grâce aux membres de sa famille, Sylvain Brunette a recouvré sa liberté après sa troisième nuit. Il devra rembourser sa famille pendant les deux prochaines années, à raison d’environ 60 $ par mois.

Or, il est très reconnaissant d’être sorti de cet enfer. Malgré tout, il continue de garder ses six chats.

«Je ne veux pas partir avant eux, j’ai peur pour leur avenir», a-t-il dit.