/news/politics
Navigation

L'Arabie saoudite recalée par la Francophonie

Le premier ministre du Québec accueilli par le président de la République de Madagascar, Hery Martial Rajaonarimampianina et la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean.
Régys Caron Le premier ministre du Québec accueilli par le président de la République de Madagascar, Hery Martial Rajaonarimampianina et la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean.

Coup d'oeil sur cet article

ANTANANARIVO, Madagascar | L’Arabie saoudite n’est pas admise au sein de la francophonie, a statué samedi l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en Sommet à Madagascar.

La candidature du royaume wahhabite faisait sourciller dans les rangs de l’OIF, qui avait pourtant admis le Qatar, une autre dictature islamique du golfe Persique, en 2012.

Les gouvernements de la France, du Québec et du Canada ont pesé de tout leur poids en séance plénière pour empêcher l’entrée du royaume saoudien, vraisemblablement en quête d’une nouvelle zone d’influence. «La candidature de l’Arabie saoudite à l’Organisation internationale de la francophonie n’est pas recevable», avait déclaré en point de presse le premier ministre du Québec Philippe Couillard, quelques minutes avant la prise de décision.

L’ombre de Raif Badawi

La veille, M. Couillard avait laissé planer le doute quant à sa position, se limitant à dire que cette candidature portait le visage de Raif Badawi, ce blogueur saoudien condamné à 10 ans de prison et à recevoir mille coups de fouet pour insulte à l’islam. L’épouse de M. Badawi et leurs trois enfants demeurent à Sherbrooke.

Exprimer publiquement la position du Québec risquait de compromettre le consensus qui a mené au rejet de la candidature, a expliqué M. Couillard. «La demande de l’Arabie saoudite ne cadre pas avec les valeurs de la francophonie, dont l’égalité entre hommes et femmes et la promotion de la langue française», a-t-il précisé.

Maroc et Égypte en faveur

Plusieurs pays de l’OIF, dont l’Égypte et le Maroc, ont plaidé en faveur de l’Arabie saoudite.

Au terme d’un âpre débat, le président de Madagascar (et président du Sommet), Hery Martial Rajaonarimampianina, a tranché en faveur de la proposition qui consistait à reporter la décision d’admettre l’Arabie saoudite et d’y dépêcher une équipe d’observateurs pour vérifier si le régime saoudien répond aux critères de l’OIF.

La candidature de l’Ontario, comme membre observateur, a été acceptée, de même que celles de l’Argentine, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Calédonie.