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Âgé de 10 ans, il porte secours à un épileptique

Des autos contournaient le corps allongé au sol

epileptique
Photo Eliane Thibault Lorsque Jonathan Beaubien (à gauche) a fait une crise d’épilepsie, ses camarades de classe Alexy Drapeau-Cloutier (au centre) et Damien Douglas-Lamontagne (à droite) sont venus lui porter secours.

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MAGOG | Témoin d’une crise d’épilepsie, un garçon de 10 ans a trouvé le courage de prendre soin de la victime alors que des automobilistes contournaient le corps affalé au sol.

Alexy Drapeau-Cloutier croyait à une blague lorsqu’il a vu un camarade de classe tomber dans la rue près de chez lui en rentrant de l’école vendredi dernier.

Le garçon, Jonathan Beaubien, 11 ans, avait fait une crise d’épilepsie un mois plus tôt.

Le doute a envahi Alexy et son ami Damien Douglas-Lamontagne. Ensemble, ils se sont approchés de Jonathan. Les deux garçons ont tenté de le ramener vers le trottoir, mais son corps sans tonus était trop lourd.

«Il est comme tombé au ralenti. Je voyais la couleur de ses yeux et ça faisait vert, blanc, vert, blanc. Il était en train de faire le bacon», raconte Alexy.

Le pire évité

Jean Perron, un voisin, est arrivé au même moment et a placé la victime en sécurité. Alexy a fouillé dans le sac d’école de Jonathan et il y a trouvé son bulletin sur lequel il pouvait y lire son nom de famille, son âge, son année scolaire et le numéro de téléphone des parents.

«Il a perdu connaissance une couple de fois en l’espace de trois minutes. Il partait et il revenait. Je me suis dit que c’était assez et qu’il fallait appeler l’ambulance», ajoute M. Perron.

Jonathan a passé la soirée de vendredi à l’Hôpital de Magog. Dès le lendemain, Alexy et lui ont pu se revoir. Jonathan n’a aucun souvenir de cet épisode, mais sa mère affirme que le sang-froid d’Alexy lui a permis de se rétablir rapidement.

«Il aurait pu partir plus loin qu’il ne l’était», explique Julie Tétreault, en ajoutant que son fils a déjà plongé dans un coma à la suite d’une crise détectée trop tard.

«Ils se sont donnés corps et âme pour aider Jonathan. Ils ne se sont pas sauvés. Ce jour-là, ils ont agi comme des superhéros», ajoute le père de Jonathan, François Beaubien, visiblement reconnaissant.

Inquiétude

Alexy a pu garder son sang-froid durant de longues minutes. Lorsqu’il a vu l’ambulance repartir avec Jonathan à son bord, il s’est réfugié en pleurs dans les bras de sa grande sœur, qui était venue le réconforter.

Dans la soirée, il a tenu à avoir des nouvelles de Jonathan. Son père a contacté l’hôpital et il a pu connaître l’état de santé de son protégé.

«C’est surprenant que des enfants aient pu garder leur sang-froid dans une situation où plusieurs adultes n’auraient pas su quoi faire», convient le père d’Alexy, Steeve Cloutier.

Avec cet événement, l’homme croit que des cours de secourisme devraient être prodigués aux élèves du primaire.