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Radio-Canada prête à laisser tomber la publicité à la condition qu'elle obtienne davantage de financement public

Radio-Canada prête à laisser tomber la publicité à la condition qu'elle obtienne davantage de financement public
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Radio-Canada est prête à renoncer à la publicité, mais cette avenue est conditionnelle à d'autres demandes du diffuseur public, dont celle d’un réinvestissement de 318 millions $ supplémentaires du gouvernement fédéral pour financer ses activités.

Cette proposition a été faite dans un mémoire de CBC/Radio-Canada déposé lundi lors des consultations sur l’avenir de la société d’État.

«Nous recommandons d’éliminer la publicité à CBC/Radio-Canada, afin de lui permettre de se concentrer sur l’impact culturel de son mandat. Les revenus publicitaires ainsi libérés aideraient les entreprises médiatiques privées à s’adapter à l’environnement numérique», précise le document présenté par Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada.

Parmi les autres éléments mentionnés dans ce mémoire, Radio-Canada précise que les publicités cesseraient ainsi d’être diffusées sur l’ensemble de ses plateformes, incluant internet et la télévision. Il n’y avait pas de publicité à la radio.

Un autre montant de 100 millions $ a aussi été demandé pour permettre la modernisation des installations de Radio-Canada et compléter le virage numérique entamé.

Selon les données avancées par le diffuseur public, le coût de ses demandes représente une hausse du financement de la société d’État de 12 $ par Canadien par année.

Dans les recommandations, contenues dans le mémoire, il est aussi suggéré de «dépolitiser le financement de CBC/Radio-Canada» dans le but d’assurer un budget stable et prévisible «indexé en fonction de l’inflation, et indépendant du calendrier électoral et du cycle budgétaire annuel du gouvernement».

En après-midi, le bureau de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a précisé à TVA Nouvelles qu’il était «trop tôt» pour commenter la proposition - qui sera examinée, ainsi que les autres qui seront soumises dans le cadre des consultations.

Revenus publicitaires en déclin

Bien que «content d’apprendre que Radio-Canada soit ouvert à de telles discussions», le député conservateur Maxime Bernier, qui affichait ce week-end qu'il devrait être interdit au diffuseur public de vendre de la publicité, voit dans le montant compensatoire réclamé une manière d'obtenir plus de budgets, alors que le marché publicitaire s'effondre.

Le directeur des communications pour la campagne de Maxime Bernier à la direction du Parti conservateur a affirmé que le montant de 318 millions $ demandé à titre de compensation représente les revenus publicitaires de 2014.

«Les revenus publicitaires de Radio-Canada sont en baisse, en 2015 ils étaient plutôt de 250 millions $ et tout indique qu’en 2016, ils seront encore plus bas», a affirmé Maxime Hupé à l’Agence QMI.

La perte des revenus publicitaires n’est pas qu’un écueil propre à Radio-Canada. Lors des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour défendre le renouvellement de ses licences de télévision, Bell Média, Groupe V et Groupe Québecor Média ont tous affirmé que ces revenus avaient diminué ces dernières années.