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Airbnb dans la mire des comités de logement du Plateau et de La Petite-Patrie

De gauche à droite, Martin Blanchard, du Comité logement de la Petite Patrie, Carole Boucher, coordonnatrice du Comité logement du Plateau-Mont-Royal et Philippe T. Desmarais, du Comité logement du Plateau-Mont-Royal.
Photo 24 Heures, Camille Dufétel De gauche à droite, Martin Blanchard, du Comité logement de la Petite Patrie, Carole Boucher, coordonnatrice du Comité logement du Plateau-Mont-Royal et Philippe T. Desmarais, du Comité logement du Plateau-Mont-Royal.

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Avec plus de 10 000 annonces de location sur Airbnb à Montréal, des résidents se plaignent que ce service fait baisser l’offre de logements locatifs et augmente le prix des loyers.

«Les locations Airbnb sont concentrées dans des quartiers avec de très fortes hausses de loyer et une grande réduction du parc de logements locatifs», affirme Martin Blanchard, du Comité logement de La Petite Patrie. En point de presse mardi, son organisme de défense des droits des locataires et celui du Plateau-Mont-Royal ont dévoilé leurs enquêtes sur les répercussions d’Airbnb sur leurs arrondissements, évoquant une situation alarmante. 

Selon les données recueillies, 1288 offres d’hébergement Airbnb seraient répertoriées dans Rosemont–La-Petite-Patrie (mai 2016) et près de 3000 sur le Plateau-Mont-Royal. 
Les rapports se réfèrent notamment au site Inside Airbnb, qui collecte des données sur ce service. Dans Rosemont–La-Petite-Patrie, un peu plus de 60% des logements à louer seraient disponibles en moyenne 290 jours par année. «Il est plus que probable que ces logements, inoccupés  par le propriétaire ou le locataire, sont retirés du marché locatif», lance M. Blanchard. 

Multi-locateurs  

Philippe T. Desmarais, du Comité du Plateau-Mont-Royal, ajoute que certains  propriétaires proposent plusieurs logements, jusqu’à 69 pour l’un d’eux. «Ils ne sont plus disponibles pour les résidents de la ville», dit-il. Selon lui, la loi 67 (encadré) comporte de sérieuses lacunes. «Peu d’inspecteurs ont fait des constats, peu de causes ont été remises aux affaires pénales. Il y a un manque de communication entre le Ministère du Tourisme et les arrondissements», assure-t-il. Il estime que ces paliers doivent trouver ensemble un «moyen efficace» d’interdire les plateformes d’hébergement touristiques comme Airbnb. 

Énorme ampleur

«Sachant que Montréal est la principale ville au Canada où il y a du Airbnb et la neuvième au monde devant San Francisco, on est face à un phénomène d’une énorme ampleur», croit M. Blanchard. Ce dernier cite l’exemple de Berlin, qui a interdit de louer son logement à travers Airbnb à moins de se limiter à une seule pièce.

Le député de Mercier, Amir Khadir, demande à la ministre du Tourisme par voie de communiqué de «prendre ses responsabilités face aux ratés de la loi 67». Selon lui, le problème n’est pas la famille qui loue son logement deux semaines quand elle part en vacances, mais «le fin finaud» qui retire des logements du marché locatif pour les louer exclusivement sur Airbnb.

La mairie d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal n’a pas souhaité commenter et celle de Rosemont–La-Petite-Patrie n’a pas répondu à notre demande à date de publication.
 

Airbnb à Montréal en chiffres

(selon les données de juillet 2016 recueillies par les comités, avec insideairbnb.com) 

  • -10 619 hébergements Airbnb proposés à Montréal;
  • -60,1% des annonces représenteraient des maisons ou appartements entiers pour une moyenne de 91$ la nuitée;
  • -Le Plateau-Mont-Royal  est le quartier où l’on retrouve le plus d'annonces Airbnb;
  • -64, 5% des annonces seraient proposées pour une durée de plus de 90 jours.

Ce que dit la loi

 

La Loi 67

Entrée en vigueur en avril dernier, impose des amendes plus élevées en cas d’hébergement illégal et augmente le nombre d’inspecteurs. Elle précise les conditions faisant en sorte qu’une personne exploite un établissement d’hébergement touristique, impliquant qu’elle doive détenir un permis et payer les taxes y étant liées. Un établissement d'hébergement touristique propose en location une unité d'hébergement contre rémunération à des touristes pour une période de moins de 31 jours, sur une base régulière. L'offre doit être rendue publique.