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Plantation Nasenka: du bœuf engraissé à l’amour

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Une mince couche de neige couvre la plaine du domaine Nasenka où paressent une centaine de ruminants chevelus au pelage roux, noir ou blanc. On dirait des hippies à quatre pattes aussi zen que des moines bouddhistes. Le froid ne les atteint pas, la présence humaine encore moins.

Lorsque je m’approche, c’est à peine s’ils remarquent ma présence. Leurs grands yeux noirs se tournent lentement vers moi et me fixent avec un mélange de bonté et d’étonnement. On pourrait facilement s’imaginer qu’ils en fument du bon. Mais ces paisibles ruminants ne mangent que l’herbe de leur pâturage en été et du foin récolté dans les environs en hiver, m’assure leur charmante et dévouée maîtresse, Denise Lessard, en précisant qu’elle leur offre aussi des carottes et des choux pour célébrer Noël.

«Vous voulez entrer dans l’enclos pour les flatter?» demande la propriétaire du troupeau de bœufs Highland de la montée Sainte-Marie à L’Assomption. Je jette un coup d’œil aux longues cornes effilées des bêtes. J’hésite. «Elles sont inoffensives, me jure-t-elle. De gros toutous affectueux, rien de plus.»

Elle enchaîne en me parlant des premières femelles qui ont donné naissance à son troupeau en 2004. Il y a eu Maggy, Dolores puis Canarie quelques années plus tard. Elle lui a donné six bébés filles qui, à leur tour, lui ont donné des petits.

Ce printemps, elle en a vu naître 25. Son troupeau compte maintenant 135 têtes. Chaque femelle a son carnet de santé avec sa photo, son nom, ses caractéristiques. Depuis 10 ans, elle s’installe tous les soirs sur la terrasse de sa maison et les regarde vivre et grandir au grand air. Elle les aime toutes passionnément, comme nous aimons nos animaux de compagnie.

Les mâles, elle en parle moins. Ils n’ont pas de nom. Il ne faudrait surtout pas qu’elle s’y attache. Ils sont destinés à finir leurs jours à l’abattoir après trois ans de vie, le temps nécessaire pour que l’animal atteigne son poids maximal.

«C’est encore difficile de les laisser partir», avoue cette passionnée des animaux, de la nature et du grand air. Un amour transmis par son père, qui lui a revendu le terrain actuel. Chaque fois qu’une femelle met bas, elle se croise les doigts pour que ce soit une fille. Mais sans le sacrifice des mâles, elle ne pourrait ni gagner sa vie ni nourrir sa clientèle: des amateurs de bonne viande, soucieux de leur santé, qui ont choisi d’en manger moins, mais de la bonne. Des consommateurs qui cherchent de plus petits troupeaux composés de bêtes nourries à l’herbe et élevés avec amour, sans hormones de croissance ni antibiotiques.

Sur son domaine bucolique en bordure de la rivière L’Assomption, elle a graduellement fait pousser des jardins de fleurs, de légumes et de fines herbes, une plantation de fougères pour faire le commerce des têtes de violons au printemps, puis une grande maison aux allures de château, un atelier où elle nous cuisine ses petits plats maison à base de viande de bœuf Highland et une boutique où l’on peut acheter toutes les découpes de viande et des produits dérivés.

Été comme hiver, l’endroit fait rêver et donne envie de s’y attarder, ne serait-ce que pour se laisser contaminer par le calme de son sympathique troupeau chevelu.

Produits vedettes

Bœuf Highland

Une viande faible en gras, riche en protéines, en vita­mines B12 et en fer, savoureuse et douce au goût.

Découpes

Steak de surlonge, bavette, bœuf haché, rib steak, filet mignon, onglet, cubes à bouillir, etc.

Plats cuisinés

Sauce à spaghetti, tourtière ­Nasenka (80 % de bœuf Highland, volail­les d’Angèle, porc de Cochon cent façons), cretons cherry brandy, mousse de foie au poivre rose, ragoût écossais, etc.

► Produits en vente au domaine 7 jours sur 7 et au Marché de Noël de ­L’Assomption du 1er au 23 décembre, du mercredi au dimanche.

Plantation Nasenka

160, montée Sainte-Marie, L’Assomption (Québec), J5W 5E3

1 450 588-2970

www.nasenka.ca