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Maxime Roussy a agressé sexuellement une lectrice

L’idylle entre l’écrivain Maxime Roussy et une de ses admiratrices mineures a duré plusieurs années

jugement dans Maxime Roussy
Photo Ben Pelosse L’auteur Maxime Roussy s’est présenté au palais de justice de Montréal avec sa valise mardi. Il est reparti en fourgon cellulaire.

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L’auteur jeunesse Maxime Roussy a bel et bien agressé sexuellement une de ses admiratrices mineures pendant des années. Ce n’était pas une fiction inventée de toutes pièces par la victime, a tranché la juge, mardi.

Vu la «gravité des crimes», l’écrivain a été incarcéré sur-le-champ sous les yeux de ses proches, atterrés.

L’homme de 40 ans a aussi été reconnu coupable de leurre, possession et production de pornographie juvénile, contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et bris d’engagements.

Résigné

La juge Dominique Joly a mis une heure et demie à lire son jugement très étoffé, au palais de justice de Montréal. Roussy est demeuré calme, presque résigné.

La magistrate s’est dite convaincue que l'auteur et la victime avaient eu de nombreux échanges virtuels à teneur sexuelle, comprenant des descriptions détaillées de scènes sadomasochistes. Ces écrits constituent de la pornographie juvénile.

La juge Joly est aussi convaincue que Roussy et l’adolescente se sont rencontrés à neuf reprises pour avoir des contacts sexuels. À quelques occasions, des jouets sexuels ont été utilisés.

Relation de six ans

D'abord amicale, la relation entre Karine (nom fictif) et Maxime Roussy a débuté en 2005, lorsqu’ils se sont rencontrés au Salon du livre de Montréal pour une dédicace.

Leurs conversations subséquentes ont rapidement été axées sur la sexualité.

Roussy est ensuite passé de la parole aux actes en invitant sa jeune admiratrice à avoir des relations sexuelles avec lui dans des motels de Montréal et Québec. Les premiers contacts sexuels ont eu lieu en 2008.

Karine était alors âgée de 14 ans, et l'auteur avait deux fois son âge.

La relation malsaine a duré près de six ans, jusqu’en mars 2011, moment où la victime l’a dénoncé.

La défense prétendait que toute cette histoire n'était que pure invention et que la victime était obsédée par l'auteur.

Considérant la preuve d’une ampleur considérable, la juge Joly est d’avis que Karine n’a pas pu créer les nombreuses séances de clavardage de toutes pièces.

«L’ordinateur de la plaignante a été vérifié par les deux experts [de la Couronne et de la défense], aucun n’a pu conclure à modification ou falsification», a-t-elle noté.

Au terme de l’audience, la procureure de la Couronne, Me Caroline Dulong, a salué le courage de la victime, qui a passé 10 journées à la barre des témoins.

Me Valentina Corsetti, de la défense, a préféré ne pas commenter. Roussy n'a jamais témoigné dans cette affaire.

 

Extraits du jugement

«Il lui pose des questions sur ses seins, lui écrit des scénarios érotiques, des choses qu’il aimerait lui faire, qu’il lui propose de faire.»

«Les rencontres sont corroborées par des factures de motels ou d’hôtels, des relevés cellulaires, des relevés de cartes de crédit, des reçus de stationnement, des copies de billets d’autobus, des dédicaces de livres, un manuscrit dédicacé et son enveloppe, des cadeaux supposément remis par l’accusé et un témoin civil.»

«Tout au long de cet interrogatoire en chef, la plaignante est d’un grand calme et semble tout à fait détachée par rapport aux évènements qu’elle décrit. Elle est en plein contrôle de la situation.»

«À titre de corroboration, le comportement post délictuel de l’accusé est retenu. Bien qu’il n’ait pas témoigné, les huit chats falsifiés remis à son expert [pour tenter de se disculper] parlent d’eux-mêmes. M. Roussy a agi de manière compatible avec le comportement d’une personne coupable.»

«Le Tribunal est convaincu qu’il y a une romance entre les deux; qu’ils communiquent régulièrement ensemble, à toutes sortes d’heures, qu’ils sont suffisamment intimes pour aborder n’importe quel sujet [...] La plaignante envisage la vie commune, des enfants, une maison à Outremont.»