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Le perdant, Jean Pascal?

Experts et amateurs de boxe piaffent d’impatience d’assister à un autre affrontement entre Lucian Bute et Jean Pascal.
Photo d’archives, martin chevalier Experts et amateurs de boxe piaffent d’impatience d’assister à un autre affrontement entre Lucian Bute et Jean Pascal.

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C’est une histoire compliquée et complexe comme seule la boxe peut en offrir. Jeudi dernier, tout était prêt pour un match revanche entre Jean Pascal et Lucian Bute.

Ça faisait l’affaire de Pascal dont le gérant et conseiller Greg Leon jouait le rôle de négociateur pour le clan Eye of The Tiger et ça faisait l’affaire de Lucian Bute qui après ses deux solides performances contre James DeGale et Badou Jack en championnat du monde, rêvait d’effacer sa triste prestation contre Jean Pascal au Centre Bell.

Puis vendredi, Camille Estephan le vrai patron, a décidé d’intervenir et de mettre fin aux négociations. Pas de Jean Pascal-Lucian Bute II.

Vous savez le reste, Yvon Michel qui a neuf vies, au moins, s’est viré de bord et a organisé en trois jours un combat entre Bute et Eleider Alvarez au Centre Vidéotron. Un fichu de bon combat entre deux boxeurs de classe mondiale.

Et le gagnant devrait affronter Adonis Stevenson.

ALVAREZ...QUEL RISQUE INSENSÉ !

J’avoue que je ne comprends pas trop la décision d’Alvarez. Il avait déjà un combat de championnat garanti par la WBC contre Stevenson. Il est le premier aspirant obligatoire. Pourquoi prendre le risque d’aller perdre contre Bute? Quant à Lucian Bute, il a beaucoup à perdre lui aussi.

Le 14 janvier, DeGale et Jack s’affrontent à New York. Bute a perdu une décision serrée contre DeGale et fait match nul contre Badou Jack. Il est en excellente position pour un match revanche contre le gagnant. Pourquoi prendre la chance de monter à 175 livres pour affronter Alvarez, un solide mi-lourd bien meilleur que les gens ne le croient?

Dans le cas d’Alvarez., je peux comprendre. C’est un maudit bon gars qui se retrouve coincé derrière Stevenson depuis 18 mois. Il a une famille à faire vivre à Montréal et une belle parenté en Colombie. Il a besoin de gagner sa vie et Bute est une belle paye.

De plus, Alvarez n’est guère spectaculaire. Même sa victoire contre Isaac Chilemba n’a pas secoué l’apathie des télévisions à son endroit. Et du public. S’il bat Lucian Bute, son affrontement avec Adonis Stevenson va générer beaucoup plus de revenus.

LE PUBLIC AURAIT AIMÉ PASCAL

Le premier combat entre Jean Pascal et Lucian Bute avait été très décevant. Bute ne s’était pas remis de sa défaite contre Carl Froch et avait été hésitant tout le match.

Depuis, Bute a fait un chemin énorme et il n’aurait pas été le négligé contre Jean Pascal.

Mais pourquoi Camille Estephan a-t-il dit non au combat du 24 février: «Trop souvent, on pense à court terme pour les boxeurs. Je pense qu’il faut prendre le temps de laisser travailler Jean Pascal avec Stéphan Larouche plus que ces quelques derniers mois. Jean a traversé de très durs combats. Ça ne presse pas de s’attaquer à de gros noms.

De toute façon, Pascal va être incontournable. Que ce soit pour Alvarez, Bute ou Stevenson. Il sera mieux préparé et il sera en meilleure position pour commander une grosse bourse. Ça ne presse pas et Jean va comprendre la stratégie», d’expliquer Camille Estephan hier en soirée.

J’espère qu’Estephan a raison parce que pour le moment, à court terme, Pascal semble être le grand perdant de ces parties d’échecs entre Yvon Michel et Camille Estephan.

UN 24 FÉVRIER RISQUÉ

Yvon Michel est habituellement un promoteur très prudent. Il se retrouve dans une situation intenable pour le 24 février.

La seule façon pour lui de s’en tirer serait une victoire très serrée d’Alvarez contre Bute. Il pourrait dire que Bute a fait la preuve qu’il est un 168 livres avant tout et le ramener contre Badou Jack ou James DeGale. Et Alvarez aurait enfin son combat pour le titre de Stevenson.

Mais advenant une victoire franche et claire de Lucian Bute, quel sera l’intérêt d’un combat Alvarez-Stevenson? Et pensez-vous que Lucian Bute est un 175 livres assez costaud pour rivaliser avec Adonis Stevenson?

Stevenson a beau avoir ses détracteurs, c’est quand même un excellent boxeur doté d’une force de frappe terrifiante. Et il ne semble pas vieillir.

En attendant, préparez-vous pour un combat fin avril entre Stevenson et Joe Smith, le tombeur de Fonfara qui rencontre le Gordie Howe de la boxe, mon ami Bernard Hopkins. C’est dans dix jours à Los Angeles.

La veille, Jean Pascal va s’être battu à Trois-Rivières. C’est bien pour dire.

Vive les Russes !

Heureusement qu’on n’a pas de Don Cherry au Québec. Parce que ceux qui ont des préjugés racistes épais et qui ont passé des années à dire que «les Russes manquent de cœur et qu’ils n’en ont rien à cirer de la Coupe Stanley» s’étoufferaient en voyant jouer les Russes du Canadien.

Alexander Radulov, Alexei Emelin et Andrei Markov sont les trois Russes «officiels» de l’équipe. Mais Alex Galchenyuk, s’il est né à Milwaukee, est le fils d’un hockeyeur biélorusse fraîchement émigré aux États-Unis au début des années 90 et est retourné en Russie pour y jouer son hockey jusqu’à l’âge de 15 ans.

Mettons que le Canadien peut compter sur trois Russes et trois quarts.

Heureusement puisque Radulov est un joueur de premier trio et un leader formidable à l’attaque, qu’Emelin partage la première paire de défenseurs avec Shea Weber, que Markov est un général à la défense et que Galchenyuk est tout juste le meilleur marqueur de l’équipe.

Quatre Russes aussi solides et qui semblent bien s’entendre avec les autres membres de l’équipe, excusez, on en prendrait encore deux ou trois autres.

Tant qu’à ne pas avoir de francophones...

 

 

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