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Les odeurs de Montréal en cinq parfums

Les odeurs de Montréal en cinq parfums
Sébastien Saint-Jean

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Effluves d’encens de la basilique Notre-Dame, tabac et houblon de la rue Sainte-Catherine ou végétation du mont Royal: les amoureux de Montréal pourront désormais porter les parfums de la ville.

«Les odeurs pour moi sont là pour faire voyager, pour nous faire voir des personnages, des endroits, c’est comme un petit film qui part dans ma tête à chaque fois que je sens quelque chose», affirme le parfumeur Claude André Hébert, qui lance ce mercredi cinq parfums inspirés de différents lieux de la ville.

Ce dernier raconte s’être promené dans les rues de Montréal avec son calepin et avoir observé des endroits phares tels que le Vieux-Montréal, la basilique Notre-Dame, le boulevard René-Lévesque, la rue Sainte-Catherine et le mont Royal. Prenant quelques notes sur leurs particularités et leur histoire, il explique que ses mots sont devenus des ingrédients et non l’inverse, son métier n’étant pas un concours de recettes. «La parfumerie c’est fait pour rêver, si vous me dites qu’il y a de la rose dans mon parfum, qui suis-je pour vous dire que non?»

Les odeurs de Montréal en cinq parfums
Sébastien Saint-Jean

Cinq, un minimum

Il y a deux ans, on lui a proposé de s’inspirer de Montréal pour imaginer des parfums. Il les a développés durant deux mois mais ne les avait pas encore commercialisés. «On peut faire des parfums de partout dans le monde mais avant tout il faut s’enraciner, Montréal c’est ma ville, elle est ancrée en moi et je voulais la faire rayonner», dit-il. Il ajoute qu’il n’aurait pas pu imaginer un seul parfum pour la ville : «C’est peut-être parce que je la connais trop : cinq, c’était un minimum».

Les flacons seront vendus au coût de 185$ pour 100ml.

Déjà deux parfums pour Québec

M. Hébert a déjà créé 45 parfums dont un pour Clara, l’héroïne de Casse-Noisette pour Les Grands Ballets Canadiens, et deux pour le 400e de Québec – Hélène et Samuel de Champlain.

Celui qui cumule près de 30 ans de carrière a collaboré avec plusieurs maisons de parfums comptant Aramis et Lancaster, et travaillé comme directeur de Thierry Mugler Parfumerie pour l’est du Canada. Il a commencé à faire ses propres créations en 2002 puis a ouvert successivement dès 2007 deux boutiques sur l’avenue Laurier, souhaitant sortir d’un cercle trop commercial selon lui, et pas assez créatif.

Ses créations ont déménagé dans un nouvel espace qui ouvre ce mercredi au 3903-1 rue Saint-Denis.

Les parfums de Montréal

 

À l’ombre des clochers: Ce flacon où l’on retrouve de la cannelle et de la cardamone évoque le Vieux-Montréal, son côté marin et ses rues en pierre. Le parfumeur y a imaginé le parfum vintage d’une femme dans les débuts de la Nouvelle France.

 

Notre-Dame : Du côté de la basilique, on sent une forte odeur d’encens, rappelant «l’importance de la religion pour les Québécois à une certaine époque». Il s’agit d’un parfum pour les grandes occasions avec du lys, de l’iris et de la fleur d’oranger.

 

Ville-Marie : Rendez-vous avec le boulevard René-Lévesque : avec les gratte-ciels, on est dans une ville américaine qui sent le métal, le béton, l’argent et les affaires : on retrouve dans ce flacon du cuir et du musc.

 

Métropole : Destination la rue Sainte-Catherine dans l’ouest, «rue des folies». On sent les bordels des années 1940, une odeur d’houblon et de tabac avec ce «parfum floral sexuel» fait d’éléments musqués et poudrés, dont du tabac et une baie rouge pour un côté pétillant.

 

Mont-Royal : Le poumon de la ville nous accueille avec son odeur de gazon fraichement coupé, de bouleaux, de sapins, de lilas et son côté plus spirituel avec l’oratoire Saint-Joseph. M. Hébert explique que ce parfum, plus masculin, invite à la méditation.

 

*Selon la description du créateur