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Un emplâtre sur une jambe de bois

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Pour éviter la fermeture d’usines manufacturières comme celle annoncée par les biscuits Mondelez, Jean-François Lisée a suggéré trois mesures: soutenir financièrement et fiscalement les employés qui souhaitent racheter leur entreprise, obliger l’entreprise qui ferme à rembourser les subventions reçues, et instaurer une politique d’achats québécois.

Il est naturel que le nouveau chef du PQ souhaite faire sa marque. Il devrait toutefois savoir que ce n’est pas en s’appropriant des mesures inappropriées issues directement du programme de Québec Solidaire qu’il y parviendra.

L’environnement d’affaires

Pour stopper l’exode d’entreprises, M. Lisée devrait plutôt s’interroger sur les raisons qui les motivent à se délocaliser. Cet exercice, qui n’exigerait de lui que peu d’efforts tant les études sur le sujet sont nombreuses, lui serait particulièrement instructif. Il apprendrait notamment que c’est l’environnement d’affaires qui attire ou rebute les entreprises. La bureaucratie, la réglementation, le coût de la main-d’œuvre et le régime fiscal sont donc autant de coupables potentiels.

En matière de bureaucratie, c’est au Québec que le nombre moyen de documents produits par entreprise est le plus important. Il est 16 % plus élevé que dans l’ensemble du Canada, et 26 % plus élevé qu’en Ontario.

Quant au coût de la main-d’œuvre, les taxes sur la masse salariale, lesquelles touchent particulièrement les industries à forte intensité de travail, sont nettement plus élevées au Québec qu’en Ontario, en Colombie-Britannique ou en Alberta.

68 taxes !

Finalement, selon le sondage de PwC, en plus de l’impôt sur les profits, les grandes entreprises canadiennes doivent payer et percevoir pas moins de 68 taxes et frais divers. Au total, elles envoient plus d’argent aux gouvernements en taxes et autres paiements que ce qu’elles génèrent comme profits après impôt.

M. Lisée est assurément bien intentionné. Mais ce qu’il propose est l’équivalent d’un emplâtre sur une jambe de bois. Le Québec attend de lui plus de rigueur et de sérieux!