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Les Canadiennes de Montréal écrivent l’histoire

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C’était une journée spéciale, samedi, au Centre Bell, où les Canadiennes de Montréal y jouaient pour la première fois de leur histoire. Au grand plaisir des milliers de spectateurs réunis pour l’occasion, l’équipe hôtesse s’est imposée 1-0 face à sa grande rivale, l’Inferno de Calgary.

MONTRÉAL - C’était une journée spéciale, samedi, au Centre Bell, où les Canadiennes de Montréal y jouaient pour la première fois de leur histoire. Au grand plaisir des milliers de spectateurs réunis pour l’occasion, l’équipe hôtesse s’est imposée 1-0 face à sa grande rivale, l’Inferno de Calgary.

Pour Marie-Philip Poulin, qui a marqué le but victorieux en milieu de première période, le moment avait quelque chose de magique.

«C’est un rêve qui est devenu réalité. À la fin du match, quand on a levé nos bâtons au milieu de la glace, j’avais des frissons. Je ne voulais pas sortir de la glace. On ne voulait pas que ça finisse. C’était magnifique», a lancé la double médaillée d’or olympique.

«C’est un grand jour pour le hockey féminin qui s’est tellement développé. Il y avait beaucoup d’émotions dans la chambre après le match», a poursuivi la capitaine de l’équipe montréalaise.

La foule au rendez-vous

Poulin et ses coéquipières ont été surprises par l’intensité de la foule. Ce sont quelque 5938 personnes qui se sont déplacées pour assister à ce match de la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) opposant les deux équipes finalistes de la dernière Coupe Clarkson.

«Honnêtement, ç’a dépassé toutes nos attentes, a admis Caroline Ouellet. On est très reconnaissantes envers M. Molson et l’organisation du Canadien d’avoir pu vivre ça. De jouer ici, devant cette foule, c’est un moment qu’on n’oubliera jamais.»

La vétérane de l’équipe montréalaise espère que le succès de l’événement donnera naissance à une nouvelle tradition et aidera à l’évolution de son sport.

«On veut gagner le privilège de jouer ici chaque année et donner la chance aux jeunes filles qui sont venues nous voir de jouer au niveau professionnel un jour.»

Encore du chemin à parcourir

Pour la gardienne Charline Labonté, qui a repoussé les 25 tirs dirigés contre elle dans la rencontre, l’intérêt suscité par ce match de saison régulière en dit long sur la santé du hockey féminin.

«C’était un peu un test, autant pour les Canadiennes que pour la ligue. On voulait voir si les gens allaient se déplacer pour nous. Finalement, il y avait plus de monde qu’au dernier match des étoiles et qu’à la Coupe Clarkson. On n’aurait pas pu demander mieux.»

Même si beaucoup de chemin a été parcouru ces dix dernières années et que l’intérêt pour le hockey féminin est de plus en plus grand, Labonté rêve du jour où les femmes pourront jouer dans une véritable ligue professionnelle.

«On rêve toutes d’une ligue où les joueuses seront payées. Notre génération ne vivra probablement pas ça, mais peut-être la suivante. Car c’est dans cette direction qu’on s’en va.»

 

Le hockey féminin, un sport rassembleur

 

Des jeunes joueuses de hockey qui rêvent d’une carrière professionnelle, il y en avait plusieurs samedi après-midi dans l’enceinte du Centre Bell. Mais l’attrait pour le premier match des Canadiennes de Montréal dans l’amphithéâtre du Tricolore dépassait largement cette clientèle.

Parmi les 5938 personnes qui ont assisté à la rencontre, il y avait vraiment tous les profils. Les éléments hétéroclites qui composaient cette foule avaient toutefois une chose en commun: un amour manifeste pour le hockey féminin.

«Moi-même, je joue au hockey et je suis vraiment impressionné du calibre de jeu. C’est un spectacle incroyable», a dit Mathieu Pompéi, âgé de 25 ans.

«En plus de la reconnaissance que cet événement apporte au hockey féminin, ça démontre que c’est du bon hockey. C’est un style de jeu différent puisqu’il n’y a pas de contact. Le jeu repose davantage sur le talent des joueuses. C’est pour ça c’est intéressant à regarder et que, je crois, l’intérêt pour le hockey féminin va continuer de grandir.»

Stanley Polik, un septuagénaire qui suit le hockey féminin de près depuis cinq ans, était lui aussi du rendez-vous. «C’est du jeu de très haut calibre, a-t-il noté. Il y a de bonnes marqueuses et c’est du jeu propre.»

Quant à Olivia Sutter, une ancienne joueuse de l’Inferno de Calgary qui étudie maintenant à l’Université McGill, elle était ravie de constater l’affluence au Centre Bell.

«C’est formidable de voir que l’intérêt pour le hockey féminin grandit. Je crois que d’autres matchs devraient être présentés ici, dont celui de la Coupe Clarkson», a indiqué la jeune femme de 24 ans.

Julia et Anna, deux jeunes joueuses de hockey, étaient très heureuses également d’assister au match avec quelques-unes de leurs amies.

«Je préfère regarder le hockey féminin. C’est plus stratégique que le hockey des hommes qui se battent tout le temps», a confié Julia, âgée de 12 ans.

«C’est vraiment bien qu’elles puissent jouer au Centre Bell. Ça démontre que les filles aussi peuvent devenir des joueuses de hockey», a conclu l’adolescente.