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Les patients soignés deux fois plus vite à Sacré-Cœur

Dr Alexandre Messier
Photo Pierre-Paul Poulin Le Dr Alexandre Messier a implanté un «accueil clinique» très performant à l’Hôpital du Sacré-Cœur en 2014, tellement que le minis­tère de la Santé l’embauche pour copier le modèle dans d’autres urgences de la région métropolitaine.

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Un urgentologue de Sacré-Cœur qui a implanté un projet innovateur réduisant de moitié l’attente pour des examens à l’hôpital vient d’être embauché par le gouvernement pour reproduire ce modèle ailleurs.

Implanté à Sacré-Cœur à Montréal en 2014, l’accueil clinique obtient des résultats spectaculaires. Le délai des patients en attente d’un examen est passé de 11,3 heures à 5 heures. Une baisse de plus de 50 %.

«Quand un patient me dit: “Vous avez monté le Club Med de la médecine”, ça me donne de l’énergie pour aller faire ma garde à l’urgence», avoue le Dr Alexandre Messier, de l’Hôpital du Sacré-Cœur.

«On ne réinvente pas la roue, dit-il. On prend les choses qui existent et qui fonctionnent.»

«Accueil clinique»

Médecin de famille, le Dr Messier a toujours travaillé comme urgentologue. En 2014, il s’est penché sur le modèle de «l’accueil clinique», qui avait déjà été mis en place dans quelques hôpitaux (Terrebonne, Saint-Hyacinthe).

«Pour moi, c’est la meilleure façon qu’un patient puisse entrer dans le système de santé, résume-t-il. J’ai étudié le projet, je l’ai bonifié et je l’ai monté de A à Z.»

Récemment, le ministère de la Santé a donné un contrat de 181 644 $ au Dr Messier pour, notamment, implanter l’accueil clinique dans les autres urgences des hôpitaux de la région métropolitaine.

Jusqu’en mars 2018, il travaillera une vingtaine d’heures par semaine sur le projet.

«On veut que les mécanismes d’accès soient uniformisés tout en gardant la spécificité de chaque hôpital, dit le Dr Messier. Ce sont les détails qui font que ça fonctionne ou pas.»

Grâce aux infirmières

L’accueil clinique s’adresse aux patients qui ont un problème de santé semi-urgent et qui doivent passer des tests dans un délai de 48 heures.

Plutôt que d’envoyer le malade attendre de longues heures à l’urgence, le médecin de famille remplit un formulaire de tests, et le patient est pris en charge par des infirmières de garde à l’hôpital.

«Les médecins appellent directement les infirmières et ils décident du rendez-vous, dit le Dr Messier. Mais, il ne faut pas que le patient tombe dans un trou. C’est un pari de faire téléphoner des médecins, mais ils l’ont fait.»

Le jour même

«Le patient ne voit pas de médecin à l’hôpital, c’est ça le principe, ajoute-t-il. Les avantages sont nombreux. Ça évite l’urgence et les hospitalisations.»

La plupart du temps, le patient est pris en charge le jour même ou le lendemain.

Lorsque les résultats sont négatifs, le patient retourne voir son médecin de famille. Si c’est positif, il est adressé à un spécialiste. Des rendez-vous de suivi dans la même semaine peuvent aussi êtrearrangés.

À l'Association des médecins d'urgences du Québec, ce projet est bien accueilli.

«Pour une fois que le ministère s’associe à quelqu’un du milieu des urgences plutôt que d’imposer des décisions unilatérales, c’est une bonne affaire, croit le président, le Dr Bernard Mathieu. C’est une intervention positive qui peut avoir un impact.»

L’accueil clinique de Sacré-Cœur en bref

  • 355 cas en 2014
  • 1200 cas en 2015

Implique les médecins de famille en CHSLD et en CLSC

Taux de satisfaction des médecins* : 95 %

*Selon un sondage interne de juin 2015

Pathologies visées

  • Thrombophlébite
  • Douleur thoracique
  • Colique biliaire ou rénale
  • Saignements du premier trimestre de grossesse
  • Convulsions
  • Anémie
  • Diverticulite
  • Morsures
  • Épanchement pleural
  • Nodule pulmonaire

Avantages :

  • Évite les hospitalisations
  • Les patients n’ont plus à attendre de 12 h à 24 h à l’urgence
  • Moins de «no show», soit les patients qui ne viennent pas au rendez-vous
  • Standardisation des investigations

Ce que le Dr Messier a dit:

«Sacré-Cœur est rendu un modèle. La plupart des hôpitaux se réfèrent à ce qu’on a fait.»

«L’avantage de l’accueil-clinique, c’est que c’est enfin un lien entre la première ligne et l’urgence.»

«Je veux que ça fonctionne, le système de santé peut fonctionner. (...) Les solutions sont là et il faut que les médecins s’impliquent.»