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Des cuisiniers réclament un pourboire comme les serveurs

Patrice Gosselin, qui cumule plus de 20 d’expérience dans les cuisines de restaurants et de cafétérias, estime que les cuisiniers devraient pouvoir aussi recevoir des pourboires au même titre que les serveurs afin d’obtenir un salaire qu’il juge plus juste.
Photo Hugo Duchaine Patrice Gosselin, qui cumule plus de 20 d’expérience dans les cuisines de restaurants et de cafétérias, estime que les cuisiniers devraient pouvoir aussi recevoir des pourboires au même titre que les serveurs afin d’obtenir un salaire qu’il juge plus juste.

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Des cuisiniers du Québec réclament le droit de percevoir des pourboires pour leur travail en coulisses dans les restaurants afin d’augmenter leur salaire qui stagne depuis plusieurs années.

«Les conditions des cuisiniers ne se sont pas améliorées depuis les 20 ans que je suis en cuisine. Au bout du compte, les serveurs font plus d’argent, mais les cuisiniers font plus d’heures», déplore Patrice Gosselin.

C’est pourquoi le cuisinier de 47 ans a lancé l’idée de laisser le choix aux clients de donner un pourboire aux cuisiniers après un repas au restaurant sur sa page Facebook intitulée «PROFESSION CUISINIER, pour un meilleur avenir du métier».

Idée virale

Rapidement, sa suggestion est devenue virale. Elle a été partagée par plus de 1300 internautes et des centaines de cuisiniers se sont rangés derrière lui.

«Jamais je n’aurais pensé créer un tel engouement», ajoute l’instigateur de l’idée, même s’il consent qu’elle est loin de plaire aux serveurs qu’il connaît.

Car évidemment, M. Gosselin ne s’attend pas à ce que les clients laissent dorénavant 30 % de pourboire autant pour le service que pour la cuisine. Il estime cependant que, parfois, la nourriture peut être meilleure que le service pour un client.

Patrice Gosselin n’a jamais voulu ouvrir son propre restaurant pour augmenter son revenu parce que les risques sont élevés. Il s’est finalement tourné vers l’enseignement à l’organisme La Tablée des Chefs, sur la Rive Sud, pour améliorer ses conditions de travail.

Partage

Pour François Meunier, de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), l’ajout d’une ligne sur la facture pour laisser du pourboire aux cuisiniers n’est pas réaliste.

Par contre, l’ARQ milite depuis des années pour modifier la loi afin de permettre aux restaurateurs de partager les pourboires reçus entre les employés.

«Il y a un déséquilibre entre la salle à manger et la cuisine. Avec les pourboires, les serveurs gagnent un salaire d’environ 26 $/h, alors que les cuisiniers gagnent en moyenne 17 ou 18 $/h», dit-il.

Selon lui, en prélevant une partie du pourboire des serveurs pour le remettre en cuisine, le client n’aurait pas à débourser davantage. Surtout, poursuit-il, que les restaurateurs ont déjà une mince marge de profit, qui les empêche d’augmenter les salaires.

«Le partage du pourboire ferait en sorte que tous les employés pourraient profiter de la performance de l’entreprise», dit-il, ajoutant que les soirs où plus de 200 assiettes sont servies les cuisiniers sont débordés, mais ce sont les serveurs qui sont récompensés.

L’an dernier, des chefs interrogés par Le Journal, comme Jérôme Ferrer, réclamaient également une telle mesure pour pallier les difficultés de recrutement.

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