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Céline Dion et ses choix «niaiseux»?

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On a tous connu ça: un touriste français qui veut faire comme les Québécois et qui s’amuse à placer des sacres à tous les deux mots pour faire «local».

On a tous lu un article d’un journaliste français qui trouvait amusant de placer les mots «tabernacle», «câlice» ou «hostie» dans son texte, en ne se rendant pas compte que si on peut dire ces mots, c’est un peu malaisant de les écrire.

Bref, on connaît tous des Français qui n’ont aucune idée des niveaux de langage appropriés au Québec.

Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à lire dans le très sérieux Figaro que le choix de chansons de Noël de Céline Dion était «niaiseux» et «poche».

Je ne veux pas partir une autre polémique comme celle du magazine Elle France et Ricardo le «gentleman-trappeur», mais je pense qu’il y a quelqu’un à Paris qui aurait besoin d’un petit cours d’expressions québécoises.

NIAISEUX ET POCHE

Dans l’édition d’hier du journal Le Figaro, le journaliste culturel Guillaume Narduzzi n’y va pas avec le dos de la cuillère pour critiquer le choix de «playlist de Noël» que Céline Dion a concocté pour ses fans pour le temps des Fêtes.

Le titre de son article est cinglant: «Céline Dion dévoile sa sélection niaiseuse de chansons idéales pour Noël».

Ouch!

Et dès le premier paragraphe, il frappe fort. «Est-il possible d'apprécier les fêtes de Noël sans pour autant se voir infliger les chants ringards de fin d'année? Étonnamment, la réponse est “non” si l'on en croit Céline Dion.»

Bon, on comprend dès le départ que les goûts musicaux du journaliste ne sont pas en harmonie avec ceux de la diva de Charlemagne. Mais est-ce nécessaire de tirer sur une mouche avec un bazooka?

Le plus gros reproche qu’il fait à Céline Dion, c’est que son choix de chansons n’a «rien de bien original» (Minuit chrétien, Jingle Bells, etc.). Mais est-ce que cela justifie qu’il écrive, avec sa plume trempée dans le vitriol, «comme diraient les Québécois, cette playlist est quelque peu “poche”».

Est-ce qu’il ne pousse pas un peu trop loin son dégoût en affirmant que l’écoute des 45 chansons constitue «2 h 32 de supplice»?

Pourtant, si le journaliste s’était donné la peine de regarder plus loin que le bout de son nez, il aurait peut-être découvert dans la liste de Céline des chansons méconnues du public français comme Dégénérations de Mes Aïeux, Les gens de mon pays de Gilles Vigneault, ou le classique 23 décembre de Beau Dommage.

UN FRANÇAIS FRU

Manifestement, Narduzzi s’est réveillé du mauvais pied. Il a peut-être avalé son café au lait de travers.

Mais avant de frapper avec un deux par quatre sur une playlist somme toute assez innocente d’une chanteuse qui a le goût de partager ses coups de cœur avec son public, il devrait peut-être donner un coup de fil à ses amis québécois pour se faire expliquer le sens du mot «niaiseux».

Et se faire expliquer que «poche», c’est mignon dans la bouche d’un ado, mais pas dans un journal adulte comme Le Figaro.