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Conflit mortel entre producteurs de pot

Condamné à neuf ans pour avoir tué son patron

20e homicide
Photo courtoisie, SPVM Pierre Lauzon
Coupable

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Un producteur de pot qui a abattu son employeur, a mis le feu à son cadavre et l’a caché dans le coffre d’une voiture trouvée dans une ruelle de Montréal a écopé de neuf ans de pénitencier, vendredi.

«Je le connaissais, lui et ses enfants. Ça s’est passé vite. Je suis vraiment désolé», a déclaré Pierre Lauzon en recevant sa peine, après avoir confessé son crime et plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire.

En bas de la ceinture

L’affaire remonte au 15 septembre 2014, à Saint-Calixte, dans la région de Lanaudière.

Lauzon s’occupait d’une plantation de cannabis exploitée par la victime, Sylvain Garneau. Il résidait même chez son employeur, selon les faits exposés en cour.

Mais ce jour-là, Lauzon a été chassé des lieux après s’être plaint de sa rémunération et de ses conditions de travail.

C’est alors que Lauzon a menacé la victime de dénoncer son commerce illicite à la police, tout en l’insultant.

Pis encore, il a ensuite dit à la victime qu’il avait «eu des relations sexuelles avec sa conjointe».

Furieux, Garneau est allé chercher une arme à feu et l’a pointée en direction de l’accusé. Ce dernier est parvenu à désarmer son vis-à-vis et a fait feu à quelques reprises vers Garneau, qui est tombé au sol, atteint de deux projectiles.

Brûlé vif ?

Lauzon l’a ensuite roué de coups en criant: «Pourquoi tu m’as fait ça?»

Il a alors placé le corps dans le coffre de l’auto de Garneau avant de l’asperger d’essence et d’y mettre le feu.

Garneau n’était pas mort puisque le pathologiste qui a pratiqué l’autopsie a trouvé des traces de carburant dans les poumons de la victime, qui aurait inhalé de l’essence avant de succomber.

Lauzon a «nettoyé» la scène du crime, s’est débarrassé de l’arme et a conduit l’auto jusque dans la ruelle Moreau, près de la station de métro Préfontaine, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, où il l’a abandonnée.

La police a trouvé le cadavre quatre jours plus tard. Lauzon s’est livré le 3 décembre suivant et a décrit ses crimes, dont personne d’autre n’a été témoin.

«C’est la seule version qu’on a. Sans sa collaboration, ç’aurait été un défi de résoudre l’affaire», a mentionné Me Louis Bouthillier, procureur de la poursuite.

La juge Johanne St-Gelais a entériné la peine négociée par les avocats des deux parties, qui s’ajoute aux deux ans de détention déjà purgés par Lauzon.