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L’eau de leur puits contaminée par un produit cancérigène

Depuis quatre ans, ils doivent même faire la vaisselle avec un ventilateur

eau magog
Photo Éliane Thibault Joannie Desrochers et Jean-François Larochelle, qui habitent à Val-Joli, en Estrie, savent depuis plus de quatre ans que l’eau de leur puits artésien est contaminée. Ils s’inquiètent pour la santé de leurs enfants Sara et Charles.

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VAL-JOLI | C’est avec les bras chargés de cruches vides qu’une famille de l’Estrie aux prises avec la contamination de son puits artésien depuis plus de quatre ans visitera la parenté durant la période des Fêtes.

Le quotidien de Joannie Desrochers et de Jean-François Larochelle n’est plus le même depuis qu’ils ont appris il y a quatre ans que leur puits était principalement contaminé au benzène, un produit cancérigène. Ils ne peuvent boire leur eau, les douches sont limitées à 10 minutes et ils doivent faire la vaisselle avec un ventilateur à proximité. En plus du stress constant lié au risque que leurs enfants tombent malades.

Station-service fermée

La contamination proviendrait d’une station-service fermée depuis 2008, ce qui rend très difficiles les recours pour les citoyens touchés.

Ils achètent de l’eau embouteillée, mais quand ils visitent des amis ou de la famille qui ont l’eau potable, ils en profitent pour remplir leurs cruches.

Un système de filtre au charbon de 3000 $ ne rend même pas leur eau potable. Le ministère de l’Environnement effectue des analyses aux six mois et les résidents reçoivent ces résultats que six mois plus tard.

«Ça fait quatre ans, et à tous les jours, je me demande si mon traitement d’eau est efficace», raconte le père de famille, qui craint pour la santé de ses enfants.

Raccordement

Au total, une vingtaine de puits sont affectés à Val-Joli, à divers degrés. D’un voisin à l’autre, les résultats varient beaucoup.

Un projet de raccordement à l’aqueduc vers la ville voisine de Windsor, évalué à 1 430 000 $, permettrait de régler la situation. Les résidents lourdement affectés se heurtent à ceux qui sont inclus dans le projet, mais qui ne veulent pas accepter un règlement d’emprunt.

Actuellement, la municipalité a entre ses mains une subvention d’environ 800 000 $ et tente de trouver le reste de la somme via d’autres programmes. Le maire de Val-Joli, Rolland Camiré, avoue que la tâche est ardue.

Souhait de 2017

«J’espère qu’on va régler le problème en 2017, c’est tout ce que je souhaite. Quand un nouveau programme sort, on a toujours quelque chose qui ne fitte pas», déplore-t-il.

Pour aider à faire avancer le dossier, ce dernier mentionne qu’une somme d’environ 30 000 $ devrait être investie sous peu pour la conception des plans et devis. Ainsi, la municipalité serait prête à agir si un programme se présentait.

La députée de Richmond, Karine Vallières, travaille sur le dossier depuis un an et affirme multiplier les démarches pour que le projet de raccordement puisse se concrétiser.

«C’est beaucoup de démarches. Est-ce que c’est long? Oui, c’est long et je voudrais que ça aille plus vite, surtout quand c’est en lien avec un besoin de base comme celui-ci», ajoute-t-elle.

Ce qu’ils ne peuvent plus faire

  • Faire bouillir les patates
  • Prendre un bain
  • Remplir la piscine
  • Arroser le jardin
  • Utiliser un humidificateur
  • Faire une guerre de balounes d’eau