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Et de 1000 pour Jonny Murray

Le juge de lignes de Beauport a atteint ce plateau mythique jeudi soir à Sunrise

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Photo AFP Le juge de lignes québécois Jonny Murray était en fonction pour une 1000e confrontation jeudi, alors que le Canadien affrontait les Panthers.

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SUNRISE | Que ce soit pour un joueur, un entraîneur ou un officiel, le plateau des 1000 matchs revêt toujours un cachet particulier. Le juge de lignes Jonny Murray peut maintenant en témoigner.

Jeudi soir, alors que le Canadien et les Panthers se disputaient la victoire sur la glace du BB&T Center de Sunrise, le Beauportois a enfilé patins, chandail rayé et sifflet pour la 1000e fois de sa carrière dans le circuit Bettman. Une carrière qui s’est amorcée le 7 octobre 2000, lors d’une visite des Stars de Dallas à Ottawa.

«Quand tu commences dans la LNH, tu ne te dis pas que tu vas travailler 1000 matchs, mais c’est une réalisation qui est plaisante. Ce que ça signifie, surtout, c’est que ça fait plusieurs années que tu es là», a-t-il indiqué lorsque joint au téléphone, il y a quelques jours.

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Photo AFP

Des sacrifices

Comme plusieurs garçons de 17 ans qui fourmillent dans les arénas du Québec, Murray rêvait à la Ligue nationale. Mais contrairement à la plupart d’entre eux, il ne songeait pas à l’uniforme du Canadien, des Rangers ou des Penguins. Il rêvait plutôt de porter le chandail zébré.

«Après ma première demi-saison dans la LHJMQ, je me suis dit que j’aimerais faire ce métier-là. J’étais jeune et je voyais que j’avais beaucoup d’années devant moi pour réaliser mon rêve. Je faisais déjà tous les efforts possibles pour mettre les chances de mon côté», a-t-il raconté.

Des efforts et des sacrifices comme, par exemple, passer l’été suivant à Calgary pour apprendre l’anglais. Car bien que son nom soit de consonance anglaise, Murray ne connaissait que la base de cette langue.

«Au lieu de m’amuser et sortir comme tous les autres jeunes de 17 ans, j’ai quitté mes amis et ma famille. Je suis parti seul là-bas pendant un mois et demi.»

La Floride avant Buffalo

Après quelques saisons partagées entre la LHJMQ et la Ligue américaine, Murray a obtenu l’appel tant attendu le 11 juin 2000. Les portes de la LNH s’ouvraient enfin à lui... à une condition. Celle de déménager dans une ville américaine au terme de sa première saison.

Murray a immédiatement pensé à la Floride.

«Pour moi, quand j’étais jeune, ceux qui habitaient en Floride, c’étaient des personnes riches. C’était inatteignable, a-t-il expliqué. Alors, quand j’ai eu l’opportunité, j’ai sauté dessus. Tant qu’à déménager à Buffalo, j’étais aussi bien d’aller en Floride!»

Sans compter que peu de juges de lignes y avaient déjà élu domicile. Pendant 13 ans, Murray a habité Tampa, avant de déménager, il y a trois ans, à Fort Lauderdale.

Deux privilèges

La vie d’arbitre est loin d’être comme celle des joueurs de hockey. Il y a les vols commerciaux à toute heure du jour, les 75 matchs par saison, dont seulement une demi-douzaine près du domicile, et les séquences de trois matchs en trois soirs.

Pour tous ces sacrifices et pour les services rendus, la LNH offre à ses officiels de choisir leurs partenaires de travail lors de leur 1000e match.

Pour l’occasion, Murray était accompagné du juge de lignes Pierre Racicot, qui vit également en Floride, et des arbitres Eric Furlatt et Marc Joannette.

«Je les connais depuis 25 ans. On a gravi les échelons ensemble, on a été engagés la même année, on a voyagé ensemble», a-t-il dit à propos de Furlatt et Joannette.

Ce choix est habituellement le seul privilège accordé aux officiels, mais Murray obtient souvent une autre faveur de son employeur.

«Mes enfants [Dale, 18 ans, et Laynee, 17 ans] habitent à Québec. Alors, chaque saison, je demande à la ligue s’il est possible de me donner deux matchs à Montréal. Je ne demande ni date ni affrontements particuliers. Seulement deux matchs.»

Jeudi, ce sont Dale et Laynee qui ont fait le voyage inverse pour rendre hommage à leur père.

Sa longue carrière en rafale

Matchs de saison régulière : 1000

Matchs de séries éliminatoires : 78, dont 6 de finale

Finales de la coupe Stanley

  • 2012 - Los Angeles c. New Jersey
  • 2015 - Chicago c. Tampa Bay

Match des étoiles

  • 2016 - Nashville

Scène internationale

  • 2016 - Coupe du monde