/news/society
Navigation

Une publication américaine place McGill dans les pires écoles pour étudiants juifs

Une publication américaine place McGill dans les pires écoles pour étudiants juifs
Steve Rosset - Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Quatre universités canadiennes ont fait le palmarès  certes, provocateur et non sans défauts de méthodologie  des pires campus pour les étudiants juifs. L’Université McGill à Montréal (4e) et l’Université de Toronto (3e) ont même percé le top 5, rapporte le National Post.

Algemeiner, une publication juive de New York, dit avoir compilé cette liste afin d’attirer l’attention au problème grandissant de sentiments anti-Israël et antisémites dans les milieux universitaires.

Toutefois, plusieurs organisations juives et étudiants canadiens mettent en doute la validité de ces résultats. S’ils admettent l’existence d’une certaine hostilité, ils croient que la liste offre un aperçu inexact de la réalité étudiante.

Judy Zelikovitz, cadre au Centre consultatif des relations juives et israéliennes, a dit au National Post : « Je ne sais trop où ils ont pris leurs informations. Je peux vous garantir qu’ils n’ont pas interrogé personne au Canada à savoir comment les choses se passent ici. » 

« Ils ont un certain lectorat qui est intéressé à ce type de nouvelles. »

Pour sa part, l’éditeur du Algemeiner défend sa méthodologie en affirmant que celle-ci repose sur plusieurs facteurs d’analyse. Ceux-ci incluent le nombre d’incidents d’antisémitisme sur le campus, le nombre de groupes considérés anti-Israël et le succès de campagnes de boycottage d’Israël. Les responsables de la liste ont également pris en compte des études, des entrevues avec intervenants et experts ainsi que du contenu des fils de média et réseaux sociaux.

Pourquoi McGill ?

Algemeiner aurait placé McGill si haut dans le classement en raison de la perception d’une forte présence d’activisme anti-Israël sur le campus. On fait ici principalement référence au mouvement BDS qui milite pour le boycottage, le désinvestissement et les sanctions envers l’État hébreu pour son occupation de territoires palestiniens. On se base également sur un texte du journal étudiant The McGill Daily dans lequel on admet ne pas publier d’articles aux opinions sionistes. 

Rejointe par le National Post, la direction de l’établissement montréalais a déclaré qu’elle était en profond désaccord avec le portrait qui était dressé. Elle affirme aussi avoir dénoncé le mouvement BDS parce qu’il va à l’encontre de « la tolérance et le respect que nous chérissons comme valeurs fondamentales... ».

Noah Lew, un étudiant juif de 2e année, a de son côté écrit dans une chronique en ligne que même s’il existait un mouvement anti-Israël sur le campus, celui-ci ne définissait en rien l’extraordinaire expérience de sa vie à McGill. Selon lui, la communauté juive de l’université est forte et bénéficie d’un support de la communauté juive bien établie à Montréal.