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2017, l’espoir

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Je termine une année dure. Jamais dans mes 46 années n’avais-je vu partir des collègues et des amis les uns après les autres. L’un dans un effroyable accident d’avion, l’autre que j’ai accompagné aux soins palliatifs, d’autres décès qu’on m’a annoncés brutalement sur mon téléphone portable, me sciant les jambes dans une soirée festive.

Des visages de mon quotidien arrachés à la vie. Des pertes qui te laissent pensif et désemparé pendant des jours et des jours. Vous en avez eu des années comme celle-là. Sinon, vous êtes encore jeune, et j’aime mieux vous prévenir.

Depuis la mi-décembre, je me suis rendu compte qu’au hasard de mes rencontres et conversations, je répète souvent des expressions comme «Vivement 2017!», «J’ai hâte à 2017!» ou «Ça va aller mieux en 2017!»

Absurde du point de vue des faits. La vie peut aller mal deux ans de suite. Mais pas du tout absurde du point de vue de l’essentiel de l’esprit humain: l’espoir. Les ayant dites et répétées machinalement, je me rends compte que ces formules sont loin d’être anodines. L’espoir nous garde debout, l’espoir nous mène.

Notre instinct de survie

Je ne suis ni le motivateur Jean-Marc Chaput ni un troubadour de nature. Mais espérer que demain soit meilleur relève carrément de l’instinct. Presque de l’instinct humain de survie. Au point de s’accrocher à un symbole comme la nouvelle année pour propager l’idée (et surtout se convaincre soi-même) que ce Nouvel An apportera du meilleur.

L’instinct de survie s’entend dans les paroles de celui qui combat la maladie. Sans l’espoir, le malade n’a aucune chance de guérison.

L’espoir peut même se transposer sur une autre personne. Des parents ayant eu une vie de misère investiront tout pour faire éduquer leurs enfants dans l’espoir qu’au moins ceux-ci réussissent à s’en sortir. Cette seule foi leur gardera un sourire au visage.

Dur dur, notre monde

De l’espoir, il en faut aussi une bonne dose lorsqu’on travaille au quotidien dans l’actualité. Les événements terroristes me dégoûtent. Pour faire triompher leur folie fanatique, ils redoublent d’imagination pour maximiser l’horreur et viser des innocents. Foncer dans la foule avec un camion, nous avons vu ça en 2016.

Nous vivons dans un monde où de plus en plus de peuples ont la possibilité de voyager. Chacun peut profiter de la richesse de visiter les lieux historiques ou de goûter la cuisine d’une autre culture. Quelle tristesse que cela doive maintenant se faire dans l’obsession de la sécurité et la peur des bombes!

Même les démocraties en 2016 ont exprimé quelque chose de tragique. Nombre d’élections et de référendums dans le monde ont semblé exprimer un ras-le-bol populaire plus qu’une simple prise de position politique. La population vit de véritables et profondes frustrations qui s’expriment parfois d’une façon difficile à déchiffrer, mais qui doivent certainement être entendues comme un cri du cœur et le signe de démocraties malades.

Malgré toutes ces inquiétudes, j’ai l’impression que 2017 sera meilleure.

Vivement 2017!

Bonne année à chacun de vous!