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Il n’y a jamais eu si peu de meurtres en un an à Montréal

Les 23 homicides commis en 2016 constituent le total le plus bas en 44 ans

En 2016, il y a eu moins de meurtres à Montréal que dans la plupart des autres grandes villes canadiennes. Leur nombre est de loin inférieur au total d’homicides commis dans les métropoles américaines. Sur la photo : des paramédicaux aident un témoin en état de choc.
Photo agence qmi, pascal girard En 2016, il y a eu moins de meurtres à Montréal que dans la plupart des autres grandes villes canadiennes. Leur nombre est de loin inférieur au total d’homicides commis dans les métropoles américaines. Sur la photo : des paramédicaux aident un témoin en état de choc.

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Seulement 23 homicides ont été commis à Montréal en 2016. C’est du jamais-vu depuis 44 ans.

Le précédent record, qui se chiffrait à 28 meurtres, avait été établi en 2013. L’histoire s’est répétée l’année suivante.

Or, depuis qu’un seul service de police dessert l’île de Montréal, en 1972, le nombre d’homicides n’était descendu qu’à quatre reprises sous la barre des 30, d’après les données du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Par ailleurs, le nombre de tentatives de meurtre est aussi en baisse en 2016. En date du 21 décembre, on en comptait 76, contre 111 l’an dernier, d’après le SPVM.

«Il y a le côté répression qui fonctionne bien. Il y a des années où il y avait plus de meurtres sur la rue Saint-Laurent. Maintenant, on a une bonne présence policière [sur cette artère commerciale]», affirme Vincent Rozon, commandant des crimes majeurs du SPVM.

La politique de tolérance zéro en matière de violence conjugale aurait aussi contribué à réduire le nombre d’homicides. «Ces cas sont traités en priorité. On n’a pas de chiffres concrets, mais c’est certain qu’on a sauvé des vies», croit le commandant Rozon.

Avancées médicales

D’après lui, les avancées de la médecine expliquent aussi cette baisse. «Les gens qui se font poignarder ne décèdent plus tous», précise-t-il.

Ce n’est toutefois jamais une bonne idée d’utiliser un couteau pour se défendre, prévient le commandant du SPVM. «Quand une chicane se finit à coups de poing, tout le monde a mal à la tête le lendemain. Avec une arme blanche, ça peut avoir une conséquence fatale. On n’est pas dans un jeu vidéo», illustre-t-il.

Un règlement municipal interdit d’ailleurs le port de couteau «sans excuse raisonnable» dans la métropole.

«L’autodéfense ne constitue pas une excuse raisonnable», lit-on dans le règlement, qui stipule qu’une contravention allant de 150 $ à 300 $ peut être remise lors d’une première offense.

Pas au chômage

Le nombre d’homicides historiquement bas enregistré en 2016 ne signifie pas pour autant que les enquêteurs de la police de Montréal ont chômé durant l’année.

Sur les 23 meurtres commis entre mars – il n’y en a eu aucun avant – et décembre, 15 ont déjà été élucidés. Cela confère au SPVM un taux de résolution de 65 %.

«On est à la fine pointe de ce qui se fait en Amérique du Nord, soutient le commandant Rozon. Je suis un fervent défenseur des déploiements massifs dans les 48 premières heures. Statistiquement, ça donne des résultats.»

De plus, les limiers ont mis la main au collet de sept hommes, résolvant ainsi cinq homicides survenus en 2014 et 2015.

«Et on a bon espoir d’en résoudre d’autres en 2017», dit le commandant.

Trois enquêtes indépendantes en 24 heures

Le Bureau des enquêtes indépendantes a vécu son baptême du feu en 2016 lorsque trois hommes sont morts en autant d’interventions policières en 24 heures.

Les 2 et 3 octobre, le BEI a dû déployer ses effectifs à 2380 km de distance entre L’Île-Perrot, Rouyn-Noranda et Chisasibi, dans le Grand-Nord. Pour répondre à la demande, la police de Montréal a dû envoyer quatre enquêteurs en renfort.

«Trois enquêtes en 24 heures, c’est une situation exceptionnelle», soutient le responsable des communications du BEI, Martin Bonin-Charron.

Coïncidence, le Conseil des ministres avait nommé quatre nouveaux enquêteurs la semaine précédente, portant les effectifs du BEI à 22. Ils entraient en fonction à partir du 3 octobre.

«Avec ces nouvelles nominations, le BEI est plus que jamais capable de répondre, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, à sa mission qui s’étend sur l’ensemble du territoire québécois», annonçait alors la directrice Me Madeleine Giauque dans un communiqué.

En moyenne, trois enquêtes indépendantes sont déclenchées chaque mois.

Trente-six enquêtes

LE BEI est entré en fonction le 27 juin 2016 parce que Québec voulait un organisme indépendant pour enquêter sur les cas où des citoyens meurent ou sont blessés lors d’une intervention policière. Il peut s’agir d’une personne en détresse mettant fin à ses jours devant les policiers ou encore d’un suspect armé qui a menacé des agents.

Depuis juillet, le BEI a mené 20 enquêtes. La dernière a été lancée à Montréal le 31 décembre lorsqu’un suspect a été atteint par balle.

Pendant les six premiers mois de l’année, ce sont les services de police de Montréal et de Québec ainsi que la Sûreté du Québec qui se chargeaient d’enquêter sur les autres policiers. Ils sont intervenus 17 fois.

Cela fait donc un total de 37 enquêtes indépendantes, contre 42 l’an dernier. Aucune accusation n’a encore été déposée. La plupart des enquêtes sont toujours en cours.

Meurtres en 2016 dans d’autres grandes villes

CANADA
 

Vancouver : 11

Population : 603 502


Calgary : 28

Population : 1 096 833


Toronto : 69

Population : 2 615 060


Ottawa : 24

Population : 883 391


Montréal : 23

Population : 1 886 481


ÉTATS-UNIS

 

Los Angeles : 288

Population : 3 928 864


Chicago : 771

Population : 2 722 389


Baltimore : 317

Population : 622 793


Philadelphie : 277

Population : 1 560 297


New York : 330

Population : 8 491 079