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La centrale syndicale souhaite un réinvestissement massif du gouvernement en 2017

Jacques Létourneau
Photo d'archives Jacques Létourneau

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MONTRÉAL – L’année 2017 sera «déterminante» pour le gouvernement Couillard, qui se doit de réinvestir massivement dans les services qui ont été décimés, estime la Confédération des syndicats nationaux (CSN), notamment avec les surplus de quelques milliards $ atteints l’an dernier.

Le gouvernement Couillard, «pro-patronal et loin du monde ordinaire», offre un bilan 2016 lamentable, marqué par les effets d’une «réforme austère», dit son président, Jacques Létourneau. «Ses priorités doivent être de profiter du prochain budget pour réinvestir massivement dans les programmes de l’État, de relever substantiellement le salaire minimum et de permettre un développement économique créateur d’emplois de qualité et respectueux de l'environnement. C’est ce qui nous animera en 2017.»

Réinvestir avant de payer la dette

La réforme Barrette dans la santé et les services sociaux a durement atteint l’accessibilité et la qualité des services, tout en détériorant les conditions de travail, dit Jacques Létourneau, qui dénonce la situation dans les CHSLD et les centres jeunesse, ainsi que les transferts des CLSC vers les Groupes de Médecine familiale (GMF), et la centralisation des laboratoires qui connaît déjà des ratés selon lui.

Pour mieux se concentrer sur les réinvestissements, la CSN demande la suspension des versements au Fonds des générations. «La situation de la dette n’est pas dramatique, dit Jacques Létourneau. Le déficit zéro ne doit pas se faire au détriment du déficit social. On se prive de services aujourd’hui, et si l’effet est de ralentir l’activité économique, on n’est pas plus avancé.»

Afin d’accroître les revenus de l’État, la CSN estime que la lutte à l’évitement fiscal et aux paradis fiscaux, l’instauration d’un impôt minimum pour les entreprises, et l’ajout de paliers d’imposition pour les particuliers les plus fortunés seraient «de bons moyens». Et avant de couper dans les services, il faut revoir tant la rémunération des médecins que les prix des médicaments.

Hausser le salaire minimum

La CSN, membre de la coalition 5-10-15, ne demande pas une hausse immédiate du salaire minimum à 15 $ l’heure, mais bien des «hausses significatives », entre 90 cents et 1,20 $ par exemple, au mois de mai, «ce qui serait fort intéressant», estime M. Létourneau, qui doute cependant de voir le gouvernement Couillard s’engager dans cette voie.

Le président de la CSN déplore également le ton catastrophique du patronat. «S’il y a des secteurs, ou des catégories d’emplois plus vulnérables à une telle hausse, dites-le-nous. On ne dit pas qu’il ne faut pas s’occuper des très petites entreprises. Mais on croit qu’une hausse serait profitable à tous. Il n’est pas normal qu’une personne vive dans la pauvreté en travaillant à temps plein.»

Au rythme où vont les choses, la CSN estime que le gouvernement Couillard n’atteindra jamais son engagement de créer 250 000 emplois. «Et encore faudrait-il que ceux qui sont créés soient de qualité et non atypiques, comme le démontre la tendance des dernières années », dit Jacques Létourneau. Les nouveaux emplois sont souvent précaires ou à temps partiel, soutient-il.

600 négos en 2017

La CSN, qui représente quelque 325 000 travailleurs regroupés dans plus de 2000 syndicats, aura à négocier les conventions collectives de quelque 600 syndicats et sections en 2017. La plus susceptible de se démarquer est celle qui concerne les 21 000 membres de la Fédération des services publics, dont les 5400 employés de la SAQ et les 2000 de la Société des casinos du Québec.

La CSN tiendra son 65e Congrès, en juin à Montréal. Depuis octobre, les syndicats affiliés sont consultés sur des revendications qui doivent mener à la rédaction d’un manifeste, présenté lors de ce Congrès.