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Guillaume Latendresse, un fier immortel chez les Voltigeurs

«Le junior majeur m’a appris à faire face à l’adversité et à travailler en équipe.»

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DRUMMONDVILLE | De toutes ses réalisations comme joueur lorsqu’il portait l’uniforme des Voltigeurs de Drummondville, celle d’avoir contribué à la relance de l’organisation de la LHJMQ figure parmi les plus beaux souvenirs de Guillaume Latendresse, dont le numéro 22 a été retiré samedi soir.

L’ancien attaquant du Canadien est devenu, après Derick Brassard en novembre passé, le deuxième ancien membre des Voltigeurs à voir son chandail se hisser dans les hauteurs du Centre Marcel-Dionne en marge du 35e anniversaire de la franchise et le huitième au total.

Deuxième choix au total lors de la séance de sélection en 2003, derrière un certain Sidney Crosby, le gros ailier se rappelle très bien que l’équipe battait de l’aile à son arrivée. Les Voltigeurs venaient de connaître l’une des pires campagnes de leur histoire et les amateurs désertaient déjà depuis quelque temps le vieil amphithéâtre.

«Dans les années où Brass et moi sommes arrivés, c’était un peu difficile à Drummondville pour ce qui était de l’organisation et du nombre de spectateurs. Ça [notre arrivée] a été comme un peu le tournant, le vent de renouveau. Puis, quelques années plus tard [en 2009], ils ont gagné la coupe du Président», soulignait avant la cérémonie Latendresse, qui a joué avec les Voltigeurs de 2003 à 2006.

Cérémonie chargée d’émotions

À sa façon, l’athlète originaire de Sainte-Catherine a redonné du lustre aux Voltigeurs, récoltant sa part de points durant ses trois saisons dans la LHJMQ. Pas pour rien que le Canadien l’a sélectionné en deuxième ronde (45e au total) de l’encan 2005.

Émotif durant son allocution à la foule, Latendresse, qui pouvait notamment compter sur la présence de ses deux enfants, de ses parents et de nombreux anciens coéquipiers, a eu de bons mots pour le recruteur Denis Fugère et son ancien entraîneur Dominic Ricard. Il a aussi une pensée pour son frère Olivier, retenu en Autriche où il poursuit sa carrière de hockeyeur professionnel. Les deux frérots sont passés près d’être réunis dès les débuts de Guillaume dans les rangs juniors.

«La journée du repêchage a été exceptionnel pour moi. Mon frère jouait à Val-d’Or qui avait le troisième choix. On ne savait pas si j’allais sortir deuxième ou troisième. Ce fut une belle excitation. Je me rappelle aussi des matchs de séries contre Shawinigan, c’était des matchs assez intenses, tout comme ceux de rivalité contre Victoriaville. Et le match Canada-Russie à Drummondville, aux côtés de mon frère, fut l’un des moments les plus marquants de ma carrière, a confié Latendresse, qui a disputé 341 rencontres dans la LNH avec le Canadien, le Wild et les Sénateurs.

«Mon premier camp avait été très difficile. Quand tu n’as pas les résultats en partant, tu commences à douter. Le junior majeur m’a appris à faire face à l’adversité et à travailler en équipe.»

Belle surprise

Celui qui dirige maintenant les Riverains du Collège Charles-Lemoyne au niveau midget AAA en plus d’occuper un poste d’analyste à RDS ne s’attendait pas à recevoir cette bonne nouvelle de la part de son ancienne équipe.

«Quand j’ai vu Brass [Derick Brassard] qui allait avoir son chandail être retiré, je me suis dit que ça pouvait peut-être m’arriver comme on a joué durant les mêmes années et qu’on était compagnons de trio. Mais on ne sait jamais, il y a tellement eu de bons joueurs qui sont passés par cette organisation. Je me sens vraiment choyé que mon nom ait été retenu.»

Dix ans après ses premiers coups de patin avec le Tricolore à l’âge de 19 ans, Latendresse reste convaincu qu’il s’agissait de la décision à prendre.

«Honnêtement, je pense que je n’avais peut-être pas la maturité pour revenir à 19 ans avec les Voltigeurs et donner ce que j’avais à donner. J’avais besoin d’être épaulé et d’être entouré, et je pense que c’est ce que le Canadien pouvait m’offrir un peu plus à 19 ans», a-t-il assuré.

«Du stuff de junior, ça n’existe plus!» - Guillaume Latendresse

<b>Guillaume Latendresse</b><br /><i>Entraîneur-chef des Riverains</i>
Photo d'archives, Agence QMI
Guillaume Latendresse
Entraîneur-chef des Riverains

DRUMMONDVILLE | À la barre des Riverains du Collège Charles-Lemoyne depuis trois saisons, Guillaume Latendresse a été un témoin privilégié de l’évolution de la nouvelle génération de hockeyeurs.

L’ancien joueur du Canadien a dû s’adapter. Pas de doute pour lui que le hockey a changé depuis son stage junior. «Il faut maintenant faire attention quand on parle aux joueurs. C’est ma troisième année et je vois une façon différente de voir la game par rapport aux jeunes et par rapport à ce qu’ils sont», a-t-il avancé.

Sans prôner la violence, Latendresse aimerait revoir davantage de matchs à caractère émotif durant le calendrier de la LHJMQ, comme cela était le cas plus régulièrement qu’aujourd’hui lorsqu’il sillonnait les patinoires du circuit Courteau.

«Il y a beaucoup moins de jeu physique et de combats. Du stuff de junior, ça n’existe plus! On l’a relégué aux oubliettes. Mais j’aimerais ça que ça reste, que les entraineurs préparent un match dans les médias une semaine avant, je trouve ça le fun. Ça amène une dynamique et je trouve que ça manque un peu au hockey d’aujourd’hui. C’est ce qui fait parfois qu’il y a un peu plus d’intensité dans un match et ça montre le niveau de jeu s’il y a une étincelle», a expliqué Latendresse en marge du retrait de son chandail par les Voltigeurs, à Drummondville.

En chiffres

  • 3 saisons avec les Voltigeurs, de 2003 à 2006 (169 parties)
  • 96 buts
  • 114 passes
  • 210 points (43 buts et 83 points à sa dernière campagne)
  • Médaillé d’or avec Équipe Canada junior en 2006
  • A fait le saut dans la LNH à 19 ans avec le Canadien

Un discours émotif

« C’est un honneur de voir mon chandail être retiré devant mes enfants. »

« Mon premier camp avait été très difficile. Le junior majeur m’a appris à faire face à l’adversité et à travailler en équipe. »

« C’est nous (Derick Brassard et moi) qui avons nos chandails retirés, mais il y a beaucoup de travail et de chums là-dedans. »

« Merci à mon frère, t’es un exemple pour moi. » — Guillaume Latendresse