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Parce que des fois, c’est meilleur le lendemain

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Ça vous est peut-être déjà arrivé.

Vous tirez le bouchon d’une bouteille, le plus souvent d’un millésime récent. Un supposé bon en plus. Vous portez le verre au nez. Et puis... Et puis, rien. Zéro parfum. Pas plus jasant en bouche. C’est brouillon. Pas de son. Pas de lumière. Rien à voir. Circulez. On a l’impression que le vin nous a posé un lapin.

Vous oubliez votre petit bonheur dans la porte du frigo. Le lendemain, vous en reprenez un verre. Et là, surprise! On dirait que le vin n’est plus le même. Qu’il s’est transformé. Il est plus expressif, des parfums plus précis, plus nuancés. Le désordre en bouche a laissé place à l’harmonie. Bref, le vin est meilleur qu’hier.

Le plus souvent, le vin est renfrogné à cause du soufre qu’on ajoute afin de le protéger. Si on en met trop, ça peut masquer les arômes et restreindre la bouche. Il y a aussi le phénomène de réduction qui donne au vin de vilaines odeurs de plastique et de sueur. Avec l’air, le vin se réajuste, redevient lui-même. C’est habituellement un signe de qualité.

Voici quatre vins que je vous invite à goûter sur 24 h à 48 h. Vous pourrez ainsi constater à quel point ils peuvent se bonifier. N’hésitez pas à m’envoyer vos impressions.

Buvez moins. Buvez mieux.

Cabernet de cabernet Origines 2015

  • ★★ | $ ½
Photo courtoisie

Paul Mas, Hérault : Probablement le vin le moins cher avec lequel vous pouvez tenter l’expérience des «24h sur le comptoir». En tirant le bouchon, vous avez droit à un nez impossible à apprécier. C’est réduit sans bon sens: sac à poubelle Made in China, plastique brûlé, sueur, fromage passé date. La bouche est plus intéressante, mais demeure approximative. Du fruit, de la richesse (le vin fait environ 5 g de sucre), des tanins lisses et une acidité basse. Nettement plus équilibré et agréable le lendemain, au nez comme en bouche.

13,5 % France | Vin rouge | 13,45 $ | 4,6 g/L

CODE SAQ : 11676381
 

Côtes du Rhône Villages 2015

  • ★★ ½ | $$
Photo courtoisie

Dupéré Barrera : Le couple franco-québécois Emmanuelle Dupéré et Laurent Barrera se passe pratiquement de présentation tellement il est connu des amateurs d’ici. Et pour cause, leurs vins sont toujours d’un niveau qualitatif élevé. La version 2015 du Côtes du Rhône vous aidera à bien saisir ce que l’on entend par notes de réduction. Après une trentaine de minutes d’aération, on sent le vin prendre vie. Bouteille abandonnée sur le comptoir une nuit complète, le vin s’est montré encore plus convaincant le lendemain. Chapeau!

14 % France | Vin rouge | 19,30 $ | 1,7 g/L

CODE SAQ : 10783088
 

Riesling «Vignoble d’E» 2015

  • ★★★ ½ | $$$
Photo courtoisie

Domaine Ostertag, Alsace : À l’ouverture, c’est tout le contraire du vin qui n’a rien à dire. Tonalités envoûtantes d’abricot, de meringue, de jonquille et d’hydrocarbure. La bouche est saillante, matière mûre, acidité finement énergique. Petite amertume en finale et bonne persistance. C’est diablement bon! Est-ce que le vin était meilleur le lendemain? Je dirais plutôt transformé. Il a énormément gagné en volume et en densité de bouche. Bien que moins éclatant au nez, il s’est complexifié en parfums: confiserie, cardamome, muscade, orange confite, aubépine et une impression calcaire plus précise, plus présente. Du parfait riesling d’apéro, il est devenu un superbe camarade de table.

13 % France | Vin blanc | 29,70 $ | 4,5 g/L

CODE SAQ : 11459984

Aidani 2015

  • ★★★ | $$$
Photo courtoisie

Domaine Hatzidakis, Santorin : Sauf erreur, c’est une première à la SAQ pour la cuvée Aidani du magicien de Santorin. Haridimos Hatzidakis continue de produire les plus beaux vins de Grèce. On trouve peu de vin 100 % aidani, un cépage de «seconde classe» qu’on utilise surtout pour arrondir l’assyrtiko, roi cépage de l’île volcanique. Haridimos aime jouer sur les limites de la richesse. En cela, il me fait penser à François Cotat, un vigneron emblématique à Sancerre. Leurs vins possèdent une formidable capacité de développement au contact de l’oxygène. Vous pouvez oublier la bouteille une semaine dans le frigo et ça sera toujours bon, voire meilleur. À l’ouverture, l’Aidani 2015 s’est montré d’un bloc, pesant et un peu monolithique sur le citron confit. Au fil des jours, il est devenu floral, fumé, muscadé, confit et noisetté. Toujours fringant en bouche. Long. Agréable. Comme une brise chaude de mer.

14 % Grèce | Vin blanc | 29,85 $ | n.d. g/L

CODE SAQ : 13110209
 

Correct

★★ Bon

★★★ Très bon

★★★★ Excellent

★★★★★ Exceptionnel

Plus d’étoiles que de dollars: vaut largement son prix.

Autant d’étoiles que de dollars: vaut son prix.

Moins d’étoiles que de dollars: le vin est cher.

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