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Le plus fort de la grippe à venir dans les prochaines semaines

Les régions de Montréal, Laval et de l’Estrie sont les plus touchées par le virus

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Photo Daniel Mallard Le petit Jules n’était pas heureux de recevoir sa dose samedi, lors de la dernière journée de vaccination massive à Québec.

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Boris Proulx et Pierre-Paul Biron

 

 
La pire période de la saison de la grippe est à nos portes et spécialement dans la grande région de Montréal.

«Dans les dernières semaines, le nombre de cas de grippe a beaucoup augmenté. Nous allons savoir la semaine prochaine si on a atteint le pic», commente Karl Weiss, microbiologiste et infectiologue à l’Hôpital général juif de Montréal.

Selon le spécialiste, cette saison est plus propice au virus de la grippe qu’à celui de la gastro-entérite.

«Quand il y a une grosse année de grippe, c'est habituellement une plus petite année pour la gastro», explique-t-il.

Cela fait dire à l’infectiologue du Centre hospitalier universitaire de Québec Guy Boivin qu'il commence à être grand temps de se faire vacciner contre la grippe.

«Ça prend deux semaines avant d’être protégé à la suite de la vaccination, il est grand temps», précise-t-il.

Si l’on se fie à l’activité grippale qui augmente sans cesse depuis le retour des Fêtes, ce pic pourrait bien frapper durement.

«Dans la dernière semaine, ce sont 841 cas de grippe qui ont été déclarés dans les hôpitaux du Québec. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg puisque la plupart des personnes ne se présentent pas à l’hôpital», explique le Dr Boivin, ajoutant que ce nombre ne cesse d’augmenter.

Complications

Au total, ce sont 2152 cas qui ont été déclarés depuis novembre dernier. La souche principale identifiée depuis le début de la saison a aussi été synonyme de complications ces dernières années.

«Ce qui circule présentement, à 98 %, c’est de l’influenza A-H3N2. Habituellement, ce sont des années où les complications grippales sont plus importantes et où l’on voit plus de décès chez les personnes âgées», affirme M. Boivin.

L’indicateur le plus évocateur de l’activité grippale, le taux de positivité des tests effectués, tend déjà à démontrer que les semaines à venir pourraient être difficiles pour les clientèles à risque.

Pire à venir

Les taux de tests positifs à l’influenza varient entre 5 % et 10 % en décembre. En janvier, ce taux a grimpé à tout près de 25 % à Montréal, à Laval et en Estrie, selon les données de l'Institut national de santé publique du Québec. La moyenne provinciale est plus faible, à 20,1 % de résultats positifs.

Un taux dépassant les 20 % veut habituellement dire que l’activité grippale est répandue, selon l’infectiologue Guy Boivin.

«Par exemple, il y a deux ans alors que le virus qui circulait n’était pas inclus dans le vaccin, nous avions atteint des taux de positivité des tests de l’ordre de 50 % lors du pic. Nous ne sommes pas encore rendus là, nous ne l’atteindrons peut-être pas non plus, mais nous sommes déjà au-delà des 20 % depuis cette semaine», relève le Dr Guy Boivin.