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La clé de la réussite scolaire: le jeu

La clé de la réussite scolaire: le jeu

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Alors que tous les intervenants en éducation se creusent les méninges à trouver de nouveaux moyens de motiver nos élèves et les faire apprendre efficacement, ils cherchent peut-être un peu trop loin. Chez Équipe Monsieur Éric, la clé de la réussite, c’est le jeu.

C’est du moins ce que mes élèves m’ont affirmé la semaine dernière lors d’une de nos discussions où on essayait  de refaire le monde. Alors qu’ils venaient d’analyser les règles de différents romans dont vous êtes les héros en français, ils soulignaient à quel point c’était plus motivant que de lire un texte et répondre à des questions. Conscients qu’ils avaient travaillé dur sur des textes complexes, le côté ludique de ce que je demandais les avait amenés à faire plus et mieux.
 
Depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui, le jeu a toujours eu un rôle important dans la vie de l’être humain et dans son développement. Ça fait partie de nous et nous l’avons malheureusement oublié le jour où nous avons fait de nos établissements scolaires des chaines de montage visant à créer des élèves tous pareils. Peu importait alors le besoin viscéral de l’enfant de s’énerver et de faire des bêtises pour apprendre à travers ses expériences. Ce qui comptait à l’époque, c’était de produire le genre de citoyens dont la société avait besoin.
 
Le problème, c’est que des décennies plus tard, tout a changé, sauf nos écoles. Dans un monde où la plupart des métiers qu’exerceront nos enfants dans l’avenir n’existent pas encore, nous nous bornons à se fier sur les succès du passé de nos structures trop lourdes et dépassées. Il faut revenir à l’essentiel en utilisant les outils de demain. Selon mes élèves de 6e année, il faut d’abord se faire une raison et accepter qu’ils ne peuvent pas toujours avoir l’air emballés par les projets qu’on leur soumet. Ce n’est pas parce que l’enseignant trouve qu’il a eu une idée géniale ou que le matériel qu’il utilise est très bien qu’ils se mettront à mieux comprendre les notions qui leur sont présentées.
 
Sans les rires et sans un minimum de plaisir, il faut peu de temps à plusieurs enfants pour qu’ils se découragent même si on utilise la dernière application à la mode sur un écran de 60 pouces... L’ingrédient secret de la motivation chez nos élèves demeurera toujours l’enseignant. Ce dernier doit colorer sa classe et rendre plus ludiques des pratiques  qui mettent à profit l’imagination et la créativité des enfants au service de l’apprentissage de compétences les aidant concrètement à relever les défis d’une planète qui tient maintenant dans leur poche.
 
En fait, il suffit de trouver une façon de les faire jouer avec les mots ou les chiffres pour que les élèves s’impliquent davantage dans leurs apprentissages. Sans véritable désir de s’investir, il ne peut tout simplement pas y avoir de résultats satisfaisants. Si vous n’aimez pas votre travail, êtes-vous portés à performer?
 
Si c’est vrai pour nous en tant qu’adultes, ça l’est encore davantage pour des élèves surexposés depuis la naissance à un feu roulant de divertissements. Des cours de ski jusqu’aux jeux vidéos en passant par les sorties spéciales en famille, nos enfants sont toujours en train de faire quelque chose, de bouger et de faire passer leur attention d’un élément à un autre. C’est pourquoi rendre plus ludique son enseignement a une importance capitale. 
 
La programmation et la robotique sont ainsi des exemples de pratiques gagnantes. J’ai vu des élèves entre 5 et 12 ans s’y initier chaque fois avec succès. L’année dernière, des garçons particulièrement actifs, ciblés dans l’école par la direction, sont venus dans ma classe durant plusieurs heures créer des robots exécutant des tâches complexes dictées par les enfants via le langage informatique. Encore hier, mes élèves créaient des jeux vidéos en pixels reproduisant des scènes mythiques du cinéma des années 80 en collaborant avec une autre classe pourtant à trois heures de route.
 
Et tout ça, dans le plaisir.
 
Il ne sert à rien de réinventer la roue. Chaque problématique dans une classe a son angle d’attaque plus ludique. Par exemple, ma collègue et moi-même parlions d’un problème de constance dans l’étude au retour des vacances des Fêtes. Comme plusieurs profs l’ont déjà fait, il aurait été facile de punir les élèves et de mettre de la pression sur la maison pour que plus de travail s’y fasse.
 
Ce serait mal nous connaître. Un problème comme celui-là se règle avec l’autre famille, celle qui est assise dans nos locaux à chaque jour. Il devait bien y avoir une façon simple et sympathique d’améliorer la situation....
 
 
Afin de donner un coup de fouet à nos élèves et les amener à diversifier les méthodes qu’ils utilisaient pour étudier, en moins d’une heure, nous avons préparé un nouveau concept pour le lendemain. Nous avons d’abord créé 6 clans dans nos classes respectives s’affrontant maintenant depuis deux semaines de différentes façons.
 
Après avoir fait un support visuel accrocheur dérivé d’une série télé prisée par nos jeunes, nous les avons laissés se regrouper comme ils l’entendaient. Depuis, ces clans cherchent à performer en accumulant des points de Force dans des jeux liés à l’étude et des points d’Honneur en posant des gestes collants aux valeurs qui nous sont chères comme le respect ou la justice.
 
Simple, efficace et juste assez ludique pour motiver nos troupes à faire mieux.
 
Chers enseignants, frais sortis de l’université ou vétérans ayant de l’expérience à en revendre, posez-vous chaque jour cette question: est-ce que j’ai eu du plaisir avec mes élèves aujourd’hui?