/news/currentevents
Navigation

Un centre islamique pourra rester ouvert

La Ville a fait preuve de négligence et de mauvaise foi, dit un juge

Coup d'oeil sur cet article

La Ville de Montréal a essuyé un cuisant revers dans sa tentative de fermer un centre islamique, auquel un juge de la Cour supérieure permet plutôt de rester ouvert aussi longtemps qu’il le veut.

La Ville a fait preuve de «négligence grossière» et ses agents de «mauvaise foi» dans son dossier l’opposant au Centre islamique Badr, a conclu Jean-Yves Lalonde dans un jugement rendu la semaine dernière.

Le conflit a atteint son apogée en 2013, quand Montréal s’est adressée aux tribunaux pour que le centre cesse ses activités, notamment les prières, qui contrevenaient selon elle au règlement de zonage.

Mais tout a commencé en 2004, lors de l’achat de l’immeuble du boulevard Langelier par le Centre islamique Badr. Selon le jugement, la Ville avait alors ajouté la mention «sans cérémonie» à l’insu des propriétaires, sur la demande de certificat d’autorisation d’usage.

Mais au fil des ans, jusqu’à 500 personnes pouvaient s’y rendre lors des prières ou rassemblements du ramadan et des voisins se sont plaints, selon la Ville, en raison des problèmes de stationnement encourus.

Enfin, un changement de zonage en 2010 interdit désormais les lieux de culte le long du boulevard Langelier et la Ville arguait que l’endroit se devait d’être un lieu communautaire.

Rien caché

Le juge n’a toutefois pas été tendre à l’égard de la Ville, qui aurait selon lui dû agir bien avant.

Il ajoute que sans sa négligence, les propriétaires n’auraient jamais acheté ce bâtiment s’ils avaient su que les prières y seraient interdites.

Ironiquement, l’édifice abritait auparavant un salon funéraire, où il y avait des cérémonies religieuses.

Pendant toutes ces années, le centre n’a jamais caché ses activités, écrit le juge, et a fait preuve «de bonne foi et de diligence» en cherchant un nouvel endroit.

L’avocat qui représentait le Centre islamique Badr, Mario St-Pierre, dit que son client est soulagé.

«Mon client a des droits acquis à cet endroit et même s’il n’a plus besoin de déménager, il compte le faire quand même», assure-t-il.

Toutefois, rien ne presse de trouver un endroit, car la Cour supérieure permet au centre de demeurer où il est.

Le Centre islamique Badr n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Pour sa part, la Ville répond seulement qu'«en collaboration avec l'arrondissement de Saint-Léonard, le contentieux analyse le jugement et les suites à lui donner ultérieurement».