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La thérapie de couple

La thérapie de couple
photo AGENCE QMI, DANIEL MALLARD

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Pour trouver son chemin des victoires, Jean-François Lisée doit arriver à refaire tomber les Québécois en amour avec son parti. Durant son Conseil national du week-end, il a souhaité changer la personnalité du PQ pour en faire un parti «plus zen et moins chicanier».

Dans son langage comme dans son approche, le nouveau chef péquiste cherche à rallumer une flamme. C’est une véritable thérapie de couple à laquelle il convie le PQ et l’électorat québécois. Sauf que cela se fait au grand jour plutôt que dans une petite auberge de campagne.

De sa fondation jusqu’au tournant de l’an 2000, le PQ a formé un couple assez heureux avec la population québécoise. Les deux premières élections sous René Lévesque furent de joyeuses fréquentations: 23 % à une première élection puis 31 % à une deuxième, considérons que c’est un amour qui se réchauffe.

Époque glorieuse

Puis à partir de 1976, le PQ a connu un impressionnant succès électoral, remportant quatre des six élections suivantes. Un bien beau mariage! Le Parti québécois était devenu le choix numéro un des Québécois. Dans le Québec francophone, sa domination était totale.

Mais depuis l’an 2000, la relation entre le PQ et le peuple québécois vacille. Le PQ n’a remporté qu’une seule élection en 2012 et par à peine quelques sièges, lui permettant de former un fragile gouvernement minoritaire qui n’aura duré que 18 mois.

Presque à chaque soirée électorale du PQ ou du Bloc, les visages finissent longs dans le camp souverainiste. Les résultats ont été décevants, souvent moindres qu’anticipés. Les électeurs se sont trouvé d’autres amours: Québec solidaire à gauche, la CAQ à droite. D’autres électeurs, autrefois péquistes, semblent avoir perdu la foi et restent à la maison lorsque le vote est appelé.

Je te promets !

Pour remettre l’harmonie dans le couple, le PQ y va donc d’une promesse déjà entendue: «je vais changer». Comme d’autres ont promis au lendemain d’une thérapie de couple d’arrêter de boire, de cesser de crier ou de ne plus laisser traîner ses bas sales dans la maison, le PQ jure de s’amender.

Nous ne vous casserons plus les oreilles avec notre obsession de toujours «peut-être» tenir un autre référendum. Nous n’oublierons plus les problèmes quotidiens des Québécois parce que nous sommes trop pris à nous entredéchirer sur un choix de mot dans l’article 1 du programme. Nous ne ferons plus d’étalage de division sur la place publique à propos de sujets qui ont l’air déconnectés.

Pour l’instant, les Québécois écoutent, mais avouons que la tendance est lourde à renverser. Monsieur Lisée peut se dire que la tendance était aussi lourde à renverser lorsque personne ne lui donnait la moindre chance dans la course au leadership. Et pourtant...

Dernier item de la thérapie. Les couples se perdent parfois lorsqu’un des conjoints poursuit un objectif que l’autre ne partage aucunement. Genre monsieur fait tout pour l’argent et madame décroche.

Si les Québécois sont totalement décrochés de la souveraineté, alors ce sera plus compliqué...