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Trump vu par ceux qui savent

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Voilà, c’est fait: Donald J. Trump est maintenant le 45e président des États-Unis.

La fameuse chance au coureur que réclament ses partisans, avec raison, est commencée depuis hier matin.

Par le ton et par le contenu, son discours inaugural était fidèle à ce que nous avons vu du personnage jusqu’ici.

Mais connaissons-nous vraiment cet homme? Le connaissons-nous en profondeur? Moi non, et vous non plus.

Portrait

En dehors de sa famille, les gens qui connaissent le mieux Trump sont les auteurs des trois principales biographies qui lui ont été consacrées.

Ces trois auteurs sont Gwenda Blair, Michael D’Antonio et Tim O’Brien.

Ils étudient Trump depuis des années, bien avant qu’il se lance en politique. Ils ont interrogé des tas de gens.

Le site POLITICO a eu la bonne idée de les réunir mercredi dernier. Michael Kruse dirigeait la conversation.

Toutes les traductions sont de moi, mais vous trouverez sans peine l’échange original si vous voulez vérifier.

Maintenant qu’il est président, dans quel état d’esprit abordera-t-il ses immenses responsabilités?

Blair: «Quand il sera réveillé la nuit, ce ne sera pas parce qu’il sera intimidé ou préoccupé par les responsabilités sur ses épaules. Ce sera parce qu’il y a quelqu’un à qui il veut remettre la monnaie de sa pièce et qu’il se demande comment le faire.»

Y a-t-il une indication qu’il sera capable de séparer les intérêts du pays de ses propres intérêts?

Blair: «Zéro». O’Brien: «Absolument aucune. Il n’y aura pas de séparation.».

Comment expliquer l’attrait de sa personnalité auprès de tant de gens?

Blair: «Il est comme le gamin dans le fond de la classe qui provoque le professeur, qui prend le contrôle de la classe, qui bouscule le directeur, et cela interpelle ce désir que nous ressentons tous, à un moment de nos vies, de tout foutre en l’air.»

Comment se perçoit-il lui-même?

D’Antonio: «Je pense que Donald Trump se mesure lui-même par le nombre de normes qu’il peut violer. Plus il peut en violer sans en payer le prix, plus il peut se moquer impunément des conventions, plus il se sent puissant.»

Pari

Quelles sont ses valeurs profondes?

D’Antonio: «Il croit à ce qui lui rapporte sans avoir à en payer le prix («what he can get away with») et, s’il ne peut l’avoir, ou, s’il a fait une promesse qu’il ne peut remplir, il trouvera un moyen de blâmer quelqu’un d’autre.»

Sera-t-il capable d’écouter?

O’Brien: «Hormis ces deux-là (Jared Kushner, son gendre, et Ivanka Trump, sa fille), il n’écoutera personne sérieusement, il n’a jamais écouté quelqu’un à l’extérieur de sa famille et de son noyau au sein de la Trump Organization depuis des décennies, et cela ne va pas changer.»

Cela dit, oui, il a droit à la chance au coureur.

Il nous reste à espérer que ceux qui le voient aller depuis le plus longtemps... se trompent.