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Plaintes déposées contre des cochers à la suite d’une manif

Près de 50 personnes tentaient de bloquer la sortie de l’écurie Lucky Luc

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Des opposants aux calèches qui bloquaient la sortie de la controversée écurie Lucky Luc ont porté plainte contre des cochers qui auraient foncé dans leur barrage et leur auraient lancé des boules de neige samedi.

«Les cochers ont été agressifs et nous avons eu peur et craint pour notre sécurité», dit le président de l’Association Terriens, Frédéric Thériault, qui a reçu une boule de neige près du mollet.

Le groupe qui s’oppose à l’utilisation des animaux et aux calèches a formé samedi matin une chaîne humaine devant l’entrée de l’écurie du roi des calèches, Luc Desparois, dans l’arrondissement du Sud-Ouest de Montréal.

Barrage forcé

Un cocher, aidé par un collègue, a demandé aux manifestants de s’écarter pour sortir sa calèche, mais ces derniers n’ont pas bronché. L’homme a alors fait avancer son cheval au travers du groupe de manifestants, qui ont dû lui céder le passage.

«Ces gens-là parlent du bien-être des animaux, mais se mettent devant un cheval quand un homme tente d’aller gagner sa vie. À cause d’eux, j’ai un cheval qui a subi un stress», dit M. Desparois, qui défend ses employés.

Un autre cocher a lancé des boules de neige pour faire reculer les manifestants.

Plaintes

M. Thériault a déposé deux plaintes contre les cochers concernés, mais son groupe pourrait aussi faire l’objet d’une dénonciation de la part de M. Desparois.

«Ils ont bloqué une propriété privée», rappelle M. Desparois.

Des policiers sur place ne sont pas intervenus lors de l’accrochage.

«Le SPVM n’avait pas été avisé de la manifestation. Des agents faisaient une vérification sur l’attroupement lorsque l’incident s’est produit», indique Manuel Couture, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal.

Aucun blessé n’a été rapporté.

Abolition des calèches

Des manifestants ont fait jusqu’à trois heures de route pour dénoncer «l’exploitation des chevaux».

«L’endroit est pire que je l’imaginais», mentionne avec émotion Louise Hallé, qui est venue de Montmagny, près de Québec.

Les protestataires ont rappelé que le roi des calèches a accumulé les amendes pour maltraitance de ses chevaux.

L’an dernier, il a notamment été condamné à verser 600 $ pour des chevaux blessés, mal nourris et qui dormaient dans leurs excréments. Plusieurs étaient utilisés pour offrir des tours de calèche aux touristes dans le Vieux-Montréal.

Manon Proulx, une autre militante, s’indigne de voir Montréal investir un demi-million pour les calèches.

«C’est esthétique, ce que la Ville propose. J’ai cru qu’elle était dans la bonne direction lorsqu’elle a annoncé un moratoire l’an dernier, mais visiblement, on s’est trompés», dit-elle.

Le maire Denis Coderre a annoncé le mois dernier cette enveloppe qui doit notamment servir à la formation de cochers, l’implantation d’un uniforme et la construction de postes d’attente dans le Vieux-Montréal.