/news/politics
Navigation

Un conseiller de Trump veut rassurer le Canada au sujet de l'ALÉNA: le pays n'est pas dans la mire du président

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo Dominique La Haye Le premier ministre canadien, Justin Trudeau

Coup d'oeil sur cet article

CALGARY | Justin Trudeau n’a pas à s’inquiéter de la volonté de la nouvelle administration Trump de renégocier l’entente sur les échanges commerciaux entre les deux pays, soutient un conseiller du président.

Stephen Schwarzman, nommé par Donald Trump pour diriger le «Strategic and Policy Forum», un comité sur la stratégie et les politiques du président, a livré ce message en personne, lundi, au cabinet du gouvernement Trudeau qui se réunit jusqu’à mardi à Calgary.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo Dominique La Haye

La nouvelle administration Trump et les relations commerciales canado-américaines viennent teinter la retraite du conseil des ministres remanié en début d’année, qui se rassemble pour la première fois, à l’approche de la reprise des travaux parlementaires la semaine prochaine à Ottawa.

Sitôt assermenté vendredi dernier, le président Trump a réitéré son intention d’aller de l’avant avec un décret visant à renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) liant depuis 1994 les États-Unis, le Canada et le Mexique.

En point de presse, après avoir rencontré le premier ministre Trudeau et son cabinet, M. Schwarzman a cité le Canada en exemple sur le plan des échanges commerciaux avec les États-Unis, faisant valoir qu’ils étaient «équilibrés».

«Il peut y avoir certaines modifications, mais essentiellement, les choses devraient aller bien pour le Canada en ce qui a trait aux discussions avec les États-Unis», a soutenu cet homme d’affaires, à la tête de la firme d'investissement Blackstone Group.

«Un modèle»

«Les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Canada sont assez équilibrés et sont un modèle quant à la façon dont les relations commerciales devraient être, a-t-il lancé. (...) Je pense que le Canada est très bien positionné pour toute discussion avec les États-Unis», a poursuivi le conseiller du président.

M. Schwarzman n’a pas voulu dire quels changements l’administration Trump cherche à apporter à l’ALÉNA, mais il a soutenu que c’était à l’avantage du Canada de faire partie de cet accord. Il a aussi indiqué que le pays bénéficie d’un «statut particulier».

La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n’a pas voulu dire si dans le cadre des renégociations à venir, le Canada pourrait favoriser son partenariat avec les États-Unis au détriment de ses relations avec le Mexique.

«Nous avons une relation très solide avec le Mexique», a-t-elle dit, à l’entrée de la réunion du cabinet, ajoutant toutefois que «notre relation avec les États-Unis est d’abord une relation bilatérale».

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo Dominique La Haye

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, affirme qu’il s’agit pour le gouvernement et la nouvelle administration d’entamer un «dialogue», alors que les politiques protectionnistes de M. Trump créent un climat d’incertitude entre les deux pays.

«Nous voulons entendre et comprendre la situation aux États-Unis. Ça veut dire que c’est important de parler avec eux et de considérer leur situation, et en même temps comment nous pouvons faire des choses importantes pour le Canada», a-t-il déclaré.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo Dominique La Haye

«On va parler de la situation actuelle aux États-Unis et de comment nous pouvons améliorer notre relation avec eux. Nous savons qu’il y a beaucoup d’emplois qui sont liés à nos échanges avec les Américains, au Canada et aux États-Unis. Donc, c’est très important pour nous de considérer les changements américains», a poursuivi M. Morneau.

Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, a confirmé que des discussions avaient eu lieu avec la nouvelle administration sur le projet de pipeline Keystone XL qu’avait rejeté l’administration Obama. Il a dit qu’il s’agissait d’un projet «important» pour le Canada.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo Dominique La Haye

Le gendre du président, Jared Kushner, pourrait aussi être présent à la rencontre du cabinet mardi, mais cette information n’a pas encore été confirmée.