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Saint-Donat boudé par les motoneigistes

Depuis la fermeture d’un important sentier, les commerçants disent avoir perdu leur clientèle d’hiver

Saint-Donat motoneige
Photo Améli Pineda Des commerçants de Saint-Donat craignent que leur ville devienne un village fantôme depuis que les motoneiges sont interdites dans des sentiers du parc du Mont-Tremblant. Sur la photo, de gauche à droite, le maire de Saint-Donat, Joé Deslauriers, un membre du club de motoneige de Saint-Donat, Serge Lavoie, le président du club de motoneige, Jean Michaud et le président de la Chambre de commerce du Grand Saint-Donat, Michel Deschamps.

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Réputée pour être l’une des capitales de la motoneige au Québec, la municipalité de Saint-Donat commence à se transformer en village fantôme depuis qu’un important sentier national a été fermé.

«On est sur le respirateur artificiel et on pense de plus en plus à se débrancher», lance Gaston Poirier, de l’auberge La Cuillère à pot. Le propriétaire de cet établissement de la petite municipalité de Lanaudière est à bout de souffle. Il n’accueille pratiquement plus de touristes depuis trois ans.

«J’ai enregistré 22 nuitées depuis le début de l’année. L’an dernier, j’en avais 376, l’année précédente 1128», dit-il.

Les pertes subies dans la région sont liées, selon plusieurs, à la fermeture, en 2012, du sentier Caribou dans le Parc national du Mont-Tremblant, pour respecter une loi provinciale sur la préservation des parcs.

Cet important lien permettait de voyager entre Saint-Michel-des-Saints et Saint-Donat en environ une heure de motoneige.

Un trajet incontournable pour les adeptes de motoneige, qui avaient l’habitude de faire l’aller-retour et de s’arrêter dîner ou dormir dans une des deux villes. Ce n’est plus le cas à Saint-Donat.

La voie de contournement construite pour compenser la fermeture du sentier double la durée du déplacement.

Urgence d’agir

Au club de motoneige de Saint-Donat, le nombre de laissez-passer d’une journée vendus est aussi en chute libre. Il est passé de 1100 en 2012 à 176 l’an dernier.

«Il y a urgence d’agir. Je ne peux pas croire qu’on va laisser mourir de cette façon-là une ville dont l’économie a reposé sur la motoneige pendant plus de 50 ans», dit Jean Michaud, président du Club de motoneige de Saint-Donat.

Line St-Georges, de Sports Saint-Donat, qui offre la location de motoneiges depuis 18 ans, est témoin de l’agonie de l’économie locale.

«On voit nos voisins fermer, diminuer leurs heures, couper des employés, c’est très triste», mentionne Mme St-Georges.

Le maire de Saint-Donat, Joé Deslauriers, se sent impuissant. Il dit tenter depuis un an d’obtenir une rencontre avec le ministre de la Faune et des Parcs pour discuter de la situation.

«C’est inquiétant, je comprends la crainte des commerçants qui ne veulent pas qu’on devienne un désert, on a toujours été le pays de la motoneige», dit-il.

Il déplore que seulement une partie du sentier promis ait été livrée.

Le maire a tenté cette année, en vain, d’obtenir une exception pour que le sentier Caribou soit ouvert, le temps que le ministère termine son sentier.

«Nous avons déjà achevé une grande partie du sentier, ce n’est pas possible de leur laisser un droit de passage dans le parc. On doit respecter la loi», dit Geneviève Fallu, attachée de presse du ministre de la Faune et des Parcs Luc Blanchette.

La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec espère que Saint-Donat profite d’un regain d’intérêt lorsque le lien sera terminé.

«C’était une destination prisée et, malheureusement, en perdant le parc, les motoneigistes ont commencé à aller ailleurs, mais il y a une loi et on ne peut pas la contourner sans autorisation», convient Stéphane Desroches, directeur général de la fédération.