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Les Méganticois vont mieux

Trois ans et demi après la tragédie, leur état psychologique s’améliore

Manon Bouchard, 46 ans, a encore souvent des mauvais souvenirs de la nuit du 6 juillet 2013. Elle pose dans l’ancienne gare de Lac-Mégantic qui a été reconvertie en lieu de rassemblement dans lequel une équipe de soutien est disponible pour les résidents.
Photo éliane thibault Manon Bouchard, 46 ans, a encore souvent des mauvais souvenirs de la nuit du 6 juillet 2013. Elle pose dans l’ancienne gare de Lac-Mégantic qui a été reconvertie en lieu de rassemblement dans lequel une équipe de soutien est disponible pour les résidents.

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LAC-MÉGANTIC | L’état de santé psychologique des Méganticois s’est amélioré depuis un an alors qu’ils acceptent davantage de se tourner vers l’aide qui leur est offerte.

Bien que la situation se soit légèrement améliorée, il y a toujours près de la moitié des citoyens qui souffrent de manifestations de stress post-traumatique, trois ans et demi après l’explosion d’un train qui a fait 47 morts en juillet 2013.

Manon Bouchard fait partie de ceux qui ne sont toujours pas guéris.

Les dégâts de l’explosion au centre-ville de Lac-Mégantic s’arrêtaient à la limite de son terrain. Trois ans et demi après les événements, sa gorge se noue lorsqu’elle raconte comment elle a vécu la nuit du 6 juillet 2013.

Depuis les événements, la dame de 46 ans affirme avoir perdu une certaine insouciance. Parfois, des odeurs, des sons, la chaleur estivale ou même certains couchers de soleil lui rappellent des bribes de cette nuit funeste.

«Le soir, avant de me coucher, je vérifie si j’ai mon sac à main, prêt à partir. Si je n’ai pas de chaussures pour tout le monde qui est dans la maison, dans mon entrée, je n’irai pas me coucher», raconte-t-elle.

Message entendu

L’an dernier, la Direction de la santé publique dévoilait que 67 % des Méganticois vivaient avec des manifestations de stress post-traumatiques. L’organisation s’est alors rendu compte que plusieurs citoyens hésitaient à consulter, malgré les moyens mis en place.

La Direction de la santé publique a alors créé une équipe de proximité pour aller vers la population dans des lieux publics et les inviter à intégrer une activité de soutien ou à venir jaser dans l’ancienne gare, transformée en lieu de rassemblement.

Un an plus tard, les plus récentes données démontrent que le nombre de Méganticois souffrant de stress post-traumatique a chuté à 49 %.

En mars 2016, une consultation regroupant une cinquantaine de participants, dont des citoyens, a eu lieu. Grâce à une subvention de 250 000 $, ces derniers ont élaboré divers projets afin de s’assurer que l’offre de services corresponde bien aux besoins réels des Méganticois.

«Il y en a pour qui aller au CLSC, s’asseoir dans un bureau, ce n’est pas le besoin», résume Élise Nault-Horvath, travailleuse sociale.

Rencontre

Manon Bouchard a pour sa part bénéficié de rencontres de groupes hebdomadaires. Celles-ci lui permettaient de ventiler et de valider la légitimité des sentiments qu’elle pouvait parfois ressentir en lien avec la tragédie.

«Parfois, je n’étais pas capable d’exprimer ce que je ressentais. Avec le groupe, j’ai réussi à mettre des mots sur mes sentiments et mes perceptions», dit-elle en ajoutant être aujourd’hui beaucoup plus solide qu’avant la tragédie.

Population toujours affectée

40 % des personnes fortement exposées à la tragédie ont présenté une détresse psychologique.

27 % des résidents du Granit présentent des troubles anxieux, c'est 2 fois plus qu'en 2014.

26 % des personnes qui souffrent sont enclines à chercher de l'aide. Ce chiffre s'élevait à 21 % en 2015