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12 questions que vous auriez aimé poser à Stéphanie Audet, chef végétarienne

12 questions que vous auriez aimé poser à Stéphanie Audet, chef végétarienne
Photo courtoisie

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Le restaurant LOV a ouvert ses portes en novembre dernier sur la rue McGill et déjà, les soirées affichent complet. Leur spécialité? Tout ce qui est Local, Organique et Végé. 

Le journaldemontreal.com s’est entretenu avec sa chef Stéphanie Audet pour démystifier la nourriture botanique et ses habitudes végétariennes.

Voici donc 12 questions que vous auriez sans doute voulu lui poser :

 

1. Tu es aux commandes des cuisines au LOV sur la rue McGill. Peux-tu nous décrire un peu les plats?

En fait, on veut surtout mettre en valeurs les légumes et les fruits et respecter les ingrédients, ne pas les dénaturer. Si je mange une courgette, je veux que ça goûte la courgette. C’est un peu ça qui est derrière le menu du LOV. J’avais fait un menu pour l’hiver et là je vais devoir faire le menu pour le printemps et l’été. D’intégrer les fruits, que ce soit frais!

Je ne voulais pas nécessairement qu’on catégorise le restaurant comme végétarien ou végétalien, c’est pour ça qu’on a utilisé l’angle «botanique» pour seulement dire «Ce qu’on veut manger c’est des légumes et on n’a pas besoin d’être végétarien ou végétalien pour manger des légumes dans la vie».

2. Tu es végétarienne?

Oui. Je ne suis plus végétalienne par contre. Ça a changé beaucoup et ça m'arrive même parfois de manger du poisson et des fruits de mer quand je sais d’où ils viennent.

3. Comment tout ça a commencé?

Quand j’étais ado, j’ai commencé à être plus «végé», j’adorais les légumes et je n’aimais pas la viande au goût, c’était fibreux. Quand je suis arrivée dans l’Ouest, c’est là que j’ai beaucoup appris sur l’éthique du végétarisme. Je ne pense pas que l’humain ait besoin de manger beaucoup de protéines animales pour vivre.

4. Avais-tu trouvé difficile de changer de mode de vie?

Non, je n’ai pas trouvé ça difficile du tout. Mais justement, peut-être que c’était dû aussi au fait que j’adorais les légumes et moins la viande. Ce qui était plus dur, c’était par exemple à Noël avec la famille. C’était nouveau, mais maintenant c’est bien intégré et les gens comprennent. J’adore faire à manger, ça aide! Dans le temps des fêtes je peux toujours m’occuper d’amener la vinaigrette ou les hors d’œuvre!

5. Accueillez-vous beaucoup de clients végétariens/végétaliens?

On a beaucoup de clients carnivores, c’est étonnant! Et souvent, ils viennent nous voir pour nous faire savoir qu’ils aiment la viande, mais qu’ils ont adoré nos plats et que notre hamburger est à tomber par terre!

6. D’où vient ton inspiration pour tes recettes?

Depuis que je suis jeune je veux voyager. Mes parents n’avaient pas nécessairement les moyens et c’est quelque chose que je tenais à faire en vieillissant. J’ai eu la chance d’avoir mon restaurant à Hawaï, je voulais partir trois mois et je ne suis jamais revenue! Je suis allée en Europe, dans l’Ouest à Vancouver, au Texas, au Costa Rica, en Espagne (pour ne nommer que ceux-là).

Je tiens mon inspiration des voyages que j’ai fait et je suis aussi très curieuse, je fais mes recherches et je consulte beaucoup de livres de recettes pour les photos et les associations. Regarder comment les autres pays cuisinent aussi comme au Brésil et au Sri Lanca, c’est vraiment inspirant!

7. Qu’est-ce qu’une personne, qui désire devenir végétarienne, devrait avoir dans son frigo?

Je pense qu’il faut des condiments et des épices. Si on a juste des légumes, ça se peut que le résultat soit un peu fade! C’est intéressant de voir comment les condiments comme la moutarde, du tamari, du tahini, du cumin, du gingembre ou de la poudre de cari peuvent faire une différence. Le levure nutritionnelle aussi! Ça a un peu un goût d'umami, ça vient ajouter un p’tit kick aux plats.

Ce qui est essentiel aussi c’est de s’inspirer! Aller dans des restaurants, aller manger chez les gens ou même regarder des vidéos sur YouTube pour se donner des idées!

8. Certains végétariens ou végétaliens sont parfois extrémistes et vont beaucoup critiquer les carnivores. Que penses-tu de ce phénomène?

Je trouve ça vraiment plate. Je ne suis pas ce genre de personne et je ne pense pas que c’est comme ça que les choses vont changer. Si quelqu’un te dénigre et t’agresse sur tes choix de vie, c’est repoussant. Je ne pense pas que ça fasse vraiment du bien au mouvement. Sans imposer et en y allant une étape à la fois, c’est beaucoup mieux selon moi. De toute façon, si les gens font un changement trop radical dans leur vie, ils vont trouver ça difficile.

Souvent, de simplement démontrer les bienfaits et de faire goûter les gens peut faire une différence.

9. Plusieurs ont peur d’aller vers ce mouvement-là par craintes d’avoir des carences. Comment démentirais-tu cette croyance?

Je pense que c’est possible d’avoir des carences même quand tu manges de la viande. Le corps humain est tellement complexe et il existe tellement de nourriture que l’humain peut manger. Si tu es végétarien et que tu manges toujours la même chose régulièrement, peut-être qu’il te manquera certains nutriments. Il faut savoir aussi que certains aliments peuvent être remplacés par d’autres aux mêmes propriétés (sans dépenser la totale). L’important c’est d’être en contact avec son corps et de se renseigner.

10. Quels endroits à Montréal offrent des produits santé sans que ça ne coûte trop cher

C’est certain que lorsque je suis chez nous, j’aime rester proche de chez nous. J’aime beaucoup les options des paniers bio. L’été, je suis toujours dans les marchés! Le Avril est une super épicerie aussi, tout comme le Bio-Terre.

11. Est-ce que tu crois que c’est une mode?

Je pense que oui, malheureusement et heureusement. Comme c’est nouveau, les gens mettent ça dans la catégorie «mode», mais je crois qu’en l’essayant, les gens vont continuer et que ça va s’intégrer dans les façons de vivre. Ce ne sera plus une «mode».

12. Quel conseil donnerais-tu à ceux qui veulent commencer?

De commencer à se débarrasser des grosses pièces de viandes et de les remplacer par d’autres plats principaux, pas seulement par des accompagnements. De se faire des lunchs aussi et des salades peut être un bon départ, mais la clé c’est vraiment de cuisiner à la maison, de mettre toutes les chances de son côté. Avec le temps, ça va devenir plus facile aussi de cuisiner végé que de cuisiner de la viande.

À essayer: Le mac n' cheese au kale et à la courge butternut (miam!!). le carpaccio funghi, les frites de kimchi et les croquettes de quinoa! 

 

Restaurant LOV 

464 rue McGil, H2Y 2H2 

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