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La vie «ordinaire» de John Scott

La vie «ordinaire» de John Scott
Photo AFP

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En janvier 2016, John Scott illuminait le match des étoiles de la Ligue nationale de son sourire d’enfant. Aujourd’hui, c’est le sourire de ses quatre petites qui illumine son quotidien de papa au foyer, à des années-lumière de la frénésie qui l’entourait il y a un an.

John Scott est maintenant papa à temps plein et il s’occupe de ses filles ­Gabriella (3 ans), Eva (5 ans) , Estelle et Sofia, les jumelles qui auront bientôt un an, avec sa femme ­Danielle.
Photo courtoisie
John Scott est maintenant papa à temps plein et il s’occupe de ses filles ­Gabriella (3 ans), Eva (5 ans) , Estelle et Sofia, les jumelles qui auront bientôt un an, avec sa femme ­Danielle.

Scott a inscrit cinq buts en 286 rencontres dans la Ligue nationale. Entouré de l’élite du hockey, il en a ajouté deux en un seul soir de janvier à Nashville. Protagoniste d’une des belles histoires du sport professionnel, l’ancien dur à cuire a changé de rôle du tout au tout depuis ce fameux match des étoiles.

Un match dont il avait été l’improbable héros, après que son improbable sélection par les fans eut fait couler tellement d’encre.

«Je suis à la maison, à faire des affaires de gars normal, et à prendre soin de mes quatre petites filles», raconte Scott au Journal depuis sa résidence de Traverse City, au Michigan.

«J’ai une vie vraiment normale, ajoute-t-il. À part quelques apparitions ici et là, je ne suis plus impliqué dans le hockey, du moins, pour l’instant.»

La vie «ordinaire» de John Scott
Photo courtoisie

En année sabbatique

Scott continue quand même à fréquenter les patinoires. Il joue dans une ligue pour hommes, parfois avec son beau-père. Ça lui permet de rester actif, dit-il, même s’il est loin de se donner à fond.

«Je ne veux pas me donner en spectacle, rigole-t-il. Avec eux, je suis un défenseur purement défensif, et je m’en tiens à ça.»

John Scott se dit en année sabbatique. Il a officiellement annoncé sa retraite en décembre, sept mois après son dernier match professionnel.

Après des années passées sur des patinoires aux quatre coins de l’Amérique du Nord, le gentil géant veut profiter des prochains mois pour demeurer auprès de sa petite famille.

Eva et Gabriella, 5 et 3 ans, n’ont pas eu l’occasion de voir leur papa souvent pendant qu’il jouait les justiciers sur patins. Avec les jumelles Estelle et Sofia qui ont vu le jour peu après ce fameux match des étoiles, disons que les renforts viennent à point pour sa femme Danielle.

Scott s’occupe de ses petites au quotidien. Relent de son ancienne vie un peu folle, la famille se balade dans le Honda Pilot noir qui accompagnait le titre de joueur par excellence au match des étoiles.

Renouer avec le hockey

Et une fois l’année sabbatique terminée? Scott est ingénieur de formation, mais il songe plutôt à renouer avec le hockey. Sans gants ni patins cette fois: il aimerait être impliqué auprès d’une équipe ou, encore, se tailler une place dans les médias.

Il y est déjà un peu, dans les médias. Ses deux textes biographiques publiés sur le site The Players Tribune ont suscité des réactions positives. Car quand il ne joue pas les matamores sur la glace, Scott est un grand gaillard sympathique, doté d’un bon sens de l’humour et de la répartie.

«J’ai reçu beaucoup de bonnes réactions au sujet de ces textes, pointe-t-il. C’est d’ailleurs ce qui m’a incité à écrire un livre. Je me suis dit que les gens semblaient s’intéresser à mon histoire.»

Coécrit par Brian Cazeneuve, A Guy Like Me: Fighting to Make the Cut est paru à la fin décembre. Il y a aussi ce projet de film qui est en marche. Le script est terminé et l’équipe en est à la sélection des acteurs, explique Scott, qui préfère ne pas s’impliquer dans ce processus.

«Le film, c’est mon histoire, et ils me gardent au courant de leurs démarches. Mais ça, ce n’est pas mon domaine!» dit-il en riant.

Depuis le début, le scénariste Mitch Albom parle d’un film aux allures «rockyest», d’un récit à la fois sportif et humain, au dénouement hollywoodien.

À écouter John Scott raconter sa vie qu’il souhaite la plus normale possible, ce sera surtout le récit d’un gars ordinaire avec une histoire extraordinaire.

Des retrouvailles attendues

John Scott assistera au moins à une partie du week-end des étoiles à Los Angeles. Si son expérience de l’an dernier demeure un précieux souvenir, le jeune retraité ne veut pas que les projecteurs soient braqués sur lui cette fois.

Ce que Scott souhaite surtout, c’est profiter de ces quelques jours en Californie pour renouer avec ses anciens coéquipiers.

«Je n’ai pas regardé attentivement les formations encore, alors je ne sais pas vraiment qui sera présent, mais j’ai hâte de retrouver les autres joueurs, dit-il. Je sais toutefois que Burnsy sera là [Brent Burns, avec qui il a joué chez les Sharks de San Jose].»

«Je suis demeuré en contact avec plusieurs ex-coéquipiers, mais ce n’est pas toujours évident pour eux pendant la saison», poursuit Scott.

Le vestiaire lui manque

L’ancien dur à cuire a disputé son dernier match de hockey professionnel le 5 avril 2016. Ce soir-là, face aux Panthers de la Floride, l’organisation du Canadien lui avait fait une fleur. Elle voulait remercier Scott pour son professionnalisme et le mentorat qu’il a effectué auprès des jeunes joueurs pendant son passage à St. John’s.

Ce fut son ultime tour de patinoire chez les pros, après huit saisons dans la Ligue nationale.

«Ce qui me manque le plus du hockey professionnel, c’est le vestiaire, la relation entre coéquipiers. C’est quelque chose qui est très rare, et qui n’existe pas dans tous les sports», mentionne Scott.

On aurait pu croire que l’ancien batailleur se réjouirait de ne plus encaisser des coups de poing en plein visage. Mais quand on lui demande ce qui lui manque le moins, ce n’est pas la réponse qui lui vient spontanément.

«Les nombreux voyages! répond-il plutôt. Être constamment à l’étranger, c’est sans doute ce dont je m’ennuie le moins.»

Une décision logique

En novembre dernier, la LNH changeait la règle concernant les votes pour le match des étoiles. Un joueur qui se serait retrouvé dans la Ligue américaine entre le 1er novembre et aujourd’hui n’aurait pu participer à la prochaine classique, sauf si sa rétrogradation est faite à des fins de conditionnement physique.

Une décision logique, a réitéré Scott, qui s’était déjà prononcé en faveur de cette règle lors de son annonce.

«Ce n’est pas parce que je ne veux pas qu’un autre joueur vive ce que j’ai vécu ou parce que je souhaite que mon histoire reste unique, mentionne-t-il. J’ai seulement eu l’impression que l’an dernier, toute cette saga a pris les allures d’un cirque.

«Au final, je crois que ç’a un peu éclipsé le match en tant que tel.»

Ce qu’il a dit à propos

Du Canadien

«C’est spécial de penser que ma dernière organisation professionnelle aura été l’organisation la plus prestigieuse du hockey.»

De la nouvelle saison

«Je regarde des matchs. Je ne cherche pas délibérément à regarder du hockey, mais quand je tombe sur une rencontre à la télévision, je l’écoute.»

Du match des étoiles

«Je ne sais pas si j’y assisterai. Je serai à Los Angeles pour quelques jours, mais pour l’instant, j’ai un vol prévu le dimanche matin.»