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Retraite et fiscalité: partir vivre à l’étranger ou rester?

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Soupir de soulagement! Fini les bouchons de circulation. Ce pour quoi vous avez travaillé toute votre vie arrive enfin. L’heure de la retraite a finalement sonné. Vous pouvez désormais vous évader vers des cieux où la température sera plus clémente.

Au prix de nombreux efforts, vous avez soigneusement planifié l’argent dont vous aurez besoin pour réaliser vos projets de retraite.

Ne laissez pas l’impôt changer vos plans. Puisque vous devrez malheureusement continuer à assumer votre part d’impôt, il vous faut connaître les règles du jeu, les fondements de notre système d’imposition canadien et québécois.

Avant de vous perdre dans le dédale des déductions et des crédits d’impôt, il est impératif d’établir le pays avec lequel vous devrez faire acte de partage et envoyer vos paiements d’impôt.

Confirmer votre lieu de résidence : je pars ou je reste ?

Je pars !

Puisque la base d’imposition est généralement fonction du lieu où vous habitez, assurez-vous de bien établir votre statut de résidence. Si vous quittez définitivement le Canada, vous devrez préparer vos impôts en y déclarant les revenus que vous aurez gagnés jusqu’au moment de votre départ. Vous devrez également ajouter le profit accumulé sur vos biens (appelé gain en capital) comme si vous en aviez disposé. Certains biens font cependant exception à cette règle. Vos biens immeubles situés au Canada, vos régimes de retraite incluant vos REER ainsi que vos polices d’assurance-vie ne seront pas imposés lors de votre départ. Ils le seront plutôt lors de leur disposition réelle ou lorsque vous recevrez les sommes provenant de ces régimes. Les pertes en capital non utilisées que vous avez accumulées, au fil des années, pourront être déduites de vos gains en capital, permettant ainsi de réduire vos impôts. Tant que vous vivrez en permanence à l’étranger, vous ne serez pas tenu de produire vos déclarations de revenus au Canada. Vos impôts devront plutôt être payés annuellement dans votre nouveau pays d’adoption.

Je reste !

Si un départ définitif vers l’inconnu vous angoisse, vous n’aurez qu’à suivre les traces de milliers de retraités et aller passer seulement quelques mois au soleil. Votre lieu de résidence demeurera le Canada et vous devrez continuer à déclarer l’ensemble de vos revenus, qu’ils soient gagnés au Canada ou à l’étranger, et à payer vos impôts au Canada.

Conseils

  • Si vous décidez de vous établir à l’étranger, démontrez que vous avez définitivement quitté le Canada pour ne pas être imposé ici. Le fisc ne lâchera pas aussi facilement sa part de l’impôt. Il aura tendance à considérer que vous êtes toujours résident du Canada et que vous y maintenez toujours un lien de résidence si, par exemple, vous laissez derrière vous, au pays, femme, enfants, résidence à votre disposition et biens personnels, et que vous conservez vos liens sociaux, carte d’assurance-maladie, cartes de crédit, permis de conduire, passeport canadien, et j’en passe. Si vous partez quelques années avec l’intention ferme de revenir à la maison ou si votre séjour à l’étranger n’est que temporaire, pas question pour le fisc de renoncer à son dû.
  • Communiquez avec votre fiscaliste avant tout projet à l’étranger afin de bénéficier de conseils clés sur la situation de vos impôts, de manière à éviter toutes mauvaises surprises et à vous assurer d’une planification efficace. Le nombre de jours passés à l’étranger influence également la perception des impôts.

► Sylvain Moreau, FCPA, FCGA, Pl. Fin., D. Fisc., TEP Associé en fiscalité, Raymond Chabot Grant Thornton