/news/currentevents
Navigation

Chute de neige mortelle pour un camionneur

Le camionneur décédé travaillait pour l’entreprise André Bouvet ltée. Son employeur n'a pas voulu commenter l’affaire, se limitant à dire que c'était un «bête accident».
Photo Amélie St-Yves Le camionneur décédé travaillait pour l’entreprise André Bouvet ltée. Son employeur n'a pas voulu commenter l’affaire, se limitant à dire que c'était un «bête accident».

Coup d'oeil sur cet article

TROIS-RIVIÈRES | Une chute de neige sur un site de dépôt a provoqué la mort d’un camionneur qui s’est retrouvé la tête écrasée sous la porte arrière de son camion-benne.

Selon nos informations, l’homme de 52 ans est sorti de son camion pour vérifier si toute la neige était tombée de sa benne, qui était levée dans les airs. Il aurait mis sa tête en dessous de la porte arrière pour vérifier. Au même moment, il y a eu un éboulement important sur le site, vers 2h25, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Une souffleuse qui était à une cinquantaine de pieds du camion a été poussée par la petite avalanche, puis s’est renversée sur le côté, accrochant la porte de la benne qui a écrasé la tête du camionneur. Le conducteur de la souffleuse n’a pas été blessé, mais souffre d’un choc nerveux.

Fin atroce

«C’est troublant, c’est vraiment une fin atroce», dit un camionneur qui souhaite garder l’anonymat.

Lui aussi ramassait la neige à Trois-Rivières quand le drame s’est produit. Il confie que l’accident va modifier ses façons de faire, déjà qu’il avait horreur d’aller se mettre la tête sous la porte de la benne.

«Quand je vais vouloir aller voir dans la boîte, je vais prendre une échelle», dit-il, encore sous le choc.

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) confirme que le corps de l’homme a été retrouvé coincé entre son camion et une souffleuse et mène une enquête sur l’incident.

Ne sortez plus

La CNESST a par ailleurs demandé à la Ville de Trois-Rivières d’exiger que les camionneurs ne sortent plus de leur poids lourd lorsqu’ils vont porter de la neige sur les sites de dépôt. Jeudi après-midi, une nouvelle signalisation était déjà en place et une firme de sécurité avait été engagée pour en aviser les gens qui entrent dans les quatre sites de dépôt de neige de Trois-Rivières.

«S’ils sortent de leurs camions, ils seront expulsés et ne pourront plus revenir», indique le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant.

Auparavant, le règlement stipulait que les camionneurs ne pouvaient pas être à moins de 5 mètres de la montagne de neige. L’homme décédé était à environ 15 mètres quand le drame s’est produit.

Il faudra attendre le rapport de la CNESST sur les causes précises de l’accident pour savoir si cette mesure pourrait être recommandée pour l’ensemble des sites de dépôt de neige de la province, mais la CNESST encourage tout le monde à le faire.

«Est-ce que les autres villes vont prendre cette initiative pour améliorer la gestion de leurs sites? On le souhaite», dit Nicole Roy de la CNESST.