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Des modèles de réussite

Des gens d’affaires noirs espèrent inspirer les jeunes avec leur réussite

Sommet Noirs
Photo Boris Proulx L’entrepreneur Stevens Charles a commercialisé le LS Cream, boisson inspirée de la liqueur traditionnelle haïtienne crémasse.

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Preuve qu’il est possible de surmonter les préjugés et la discrimination pour réussir en affaires, des entrepreneurs noirs souhaitent servir de modèle pour les jeunes de leur communauté.

Stevens Charles sait bien ce que c’est que de se lancer en affaires lorsqu’on est Noir. «Quand je suis sorti de l’école [de gestion HEC Montréal], j’ai passé une soixantaine d’entrevues avant d’avoir l’appel d’un employeur», se souvient l’homme de 33 ans.

«Des fois, les employeurs faisaient le saut en me voyant parce qu’ils ne notaient aucun accent au téléphone», conte le créateur du LS Cream, un spiritueux en vente à la SAQ et produit dans son quartier d’enfance, Montréal-Nord.

Né d’une mère célibataire haïtienne de 19 ans, le premier de classe à l’école a senti qu’il aurait à se battre pour faire sa place aux HEC, où un professeur lui a déjà demandé «s’il était dans le bon cours» en voyant son profil.

«Quand je suis arrivé aux HEC, je me faisais dévisager par certains professeurs. À 18-19 ans, j’écoutais du hip-hop et je m’habillais de cette manière, mais mon sérieux a toujours été là», se souvient M. Charles, qui a pris la parole au premier Sommet socioéconomique pour le développement des jeunes des communautés noires, samedi.

Modèles

Questionné sur la manière de faire diminuer le taux de chômage de sa communauté, près de deux fois plus élevé que dans la population générale, Stevens Charles croit que plus d’entrepreneurs devraient donner l’exemple et devenir source d’inspiration.

«Quand j’étais jeune, il n’y avait presque personne dans la communauté haïtienne qui avait son entreprise. On doit montrer qu’on peut contribuer au Québec, devenir une force économique», dit-il.

Comme Oprah

C’est justement en voyant son idole Oprah Winfrey à la télévision que Deborah Cherenfant a décidé qu’elle voulait devenir une femme d’affaires. À 31 ans, l’immigrante haïtienne arrivée au Québec à 19 ans croit que la présence de modèles est plus importante pour les minorités visibles.

Deborah Cherenfant. Entrepreneure
Photo Boris Proulx
Deborah Cherenfant. Entrepreneure

«Pour combattre les stéréotypes négatifs, on doit demander dans les médias, dans les écoles, des modèles noirs dans des postes de pouvoir. Pas juste dans la musique et dans le sport, mais aussi dans la politique et les affaires», croit l’entrepreneure en mode.

Même si la situation est «mieux qu’avant», selon Stevens Charles, c’est en contribuant à la société qu’on se sent plus Québécois.

Les communautés noires de Montréal

  • Population : 200 000 (10 % de Montréal)
  • Âge médian : 29,5 ans (40,1 pop. générale)
  • Taux chômage : 13,5 % (7 % pop. générale)
  • Salaire moyen : 22 822 $ par année (32 074 $ pop. générale)
  • Taux de réussite au secondaire : 51,8 % (68 % pop. générale)
Source : Sommet socioéconomique pour le développement des jeunes des communautés noires