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Make China great!

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Photo d'archives AFP

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Le slogan qui a propulsé Donald Trump est mémorable: «Make America great again». Redonner aux États-Unis leur grandeur, leur force, leur splendeur. Le milliardaire a trouvé les mots exacts que son peuple avait le goût d’entendre.

Mais après une semaine au pouvoir, plusieurs observateurs éclairés ont plutôt l’impression que les politiques et l’attitude de Trump sont en train de pousser la Chine vers le rôle de nouveau leader du monde.

La Chine est déjà une super puissance économique, de plus en plus une force militaire incontournable et le géant des géants par sa population. Les Chinois achètent des entreprises partout sur Terre. Ils s’approprient des terres et des ressources naturelles sur tous les continents.

Qui est moins fréquentable ?

Jusqu’à maintenant, il y avait une limite à l’influence de la Chine. Son système dirigé par un parti communiste gardait le pays un peu isolé. Son influence n’était pas proportionnelle à sa taille. Dans le grand jeu mondial, la Chine arrivait loin derrière les Américains.

Les choses changent. Donald Trump tient un discours et pose une série de gestes qui vont clairement dans le sens d’isoler les États-Unis. Au nom d’une volonté de protéger les emplois et la sécurité du peuple américain, la politique de Trump semble sacrifier toute vision de l’influence internationale stratégique de son pays.

Plusieurs des alliés naturels des États-Unis risquent d’être refroidis par son attitude. La façon dont le président Trump agresse le Mexique va laisser des traces. Malgré un bilan douteux en matière des droits de l’homme, les dirigeants de la Chine pourraient soudainement devenir plus fréquentables que le président américain.

Déjà au forum économique mondial de Davos la semaine dernière, la grande place prise par la Chine fut le phénomène le plus remarqué. Il fallait entendre le premier ministre chinois Xi Jinping se faire l’apôtre du libre-échange et parler allègrement de mondialisation et d’ouverture au moment même où Trump finalisait la rédaction de son discours isolationniste. Le monde à l’envers!

Même sur un sujet jadis tabou en Chine, les changements climatiques, le leader chinois s’est permis de faire la promotion de l’Accord de Paris. Jamais dans l’histoire la Chine n’avait dégagé un tel panache de leadership mondial.

L’erreur ultime

La stratégie du président Trump face au Partenariat transpacifique me paraît encore plus douteuse. L’un des objectifs des États-Unis et du Canada en négociant le PTP était d’établir une zone de commerce avec l’Australie et des pays asiatiques pour faire un contrepoids à la Chine. En signant le retrait des États-Unis de l’accord plus tôt cette semaine, Trump tue le PTP.

Ce faisant, il est probable que ces pays se retournent vers la Chine pour établir un partenariat commercial. En fait, c’est Trump qui a livré ces pays dans les bras de la Chine en se retirant du Partenariat. Monsieur Trump a agi dans une vision protectionniste liée à la peur de pertes d’emploi à court terme. Quelle erreur stratégique! Une erreur profitable à la Chine.

Redonner sa grandeur à l’Amérique? Trump pourrait se tirer dans le pied.