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La SAAQ étudie le retrait du genre sur le permis

Elle pourrait remplacer la mention du sexe par un «X»

La SAAQ étudie la possibilité de remplacer la mention du sexe féminin ou masculin par un «X», comme illustré sur ce permis de conduire.
Photo d'archives La SAAQ étudie la possibilité de remplacer la mention du sexe féminin ou masculin par un «X», comme illustré sur ce permis de conduire.

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La Société de l’assurance automobile du Québec étudie la possibilité de remplacer la mention du sexe féminin ou masculin par un «X» sur le permis de conduire, comme le fait maintenant l’Ontario.

«On regarde ce qui se fait ailleurs et on est ouverts à en discuter, mais nous n’avons pas d’échéancier», indique Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ.

Plus tôt cette semaine, Le Journal révélait que, jusqu’à tout récemment, les employés d’une succursale de la SAAQ de Saint-Hyacinthe ne pouvaient plus dire «Madame» ou «Monsieur», à la suite d’une plainte d’une personne transgenre en juin dernier.

Le Journal a appris que la société d’État pourrait aller plus loin. Elle analyse la possibilité de copier l’Ontario. Depuis le 1er janvier, la province voisine n’oblige plus la précision du genre sur le permis de conduire.

Information inutile

À la place du «M» ou du «F», l’Ontario propose le «X» aux personnes qui ne désirent pas préciser leur sexe.

L’Ontario a aussi annoncé que dès juin, la mention du sexe sera complètement retirée de la carte Santé.

<b>Huguette St-Denis</b><br />
Transgenre
Photo Magalie Lapointe
Huguette St-Denis
Transgenre

Huguette St-Denis, la transgenre qui a porté plainte à la SAAQ l’été dernier, croit que le genre est une information inutile.

«La mention du sexe n’aide pas à l’identification de quelqu’un. Pour une personne transgenre, c’est souvent un souci de plus parce qu’elle est peut-être née homme, mais aujourd’hui, elle ne s’identifie pas du tout à ce genre», explique la femme de 52 ans.

L’ancienne enseignante et scriptrice d’humour estime qu’en n’obligeant pas la mention du genre, cela évitera les confusions qui font place à des situations comme celle dont elle a été victime.

Le Centre de lutte contre l’oppression des genres, qui poursuit actuellement le gouvernement pour modifier des articles du Code civil du Québec, estime aussi que la SAAQ doit emboîter le pas à l’Ontario.

«Aucune pièce d’identité ne devrait être “genrée”. La loi n’est pas “genrée”, alors en quoi c’est pertinent pour les autorités?» questionne Gabrielle Bouchard, coordonnatrice de la défense des droits trans au centre.

<b>Jean-Sébastien Sauvé</b><br />
Avocat
Photo courtoisie Pierre Ouimet
Jean-Sébastien Sauvé
Avocat

Avocat spécialiste en droit de la diversité sexuelle, Me Jean-Sébastien Sauvé estime que le Québec doit envisager sérieusement le retrait de la mention de sexe sur les pièces d’identité.

«Le système a été construit autour d’une notion de normalité qui ne reflète pas la réalité d’aujourd’hui, d’autant plus qu’on dit que les hommes et les femmes sont égaux devant la loi», dit-il.