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À la conquête de leurs origines

Un couple des Laurentides passe sa retraite à voyager pour découvrir l’histoire de ses ancêtres

retraite métis
Photo courtoisie Claude Riel Lachapelle et Gabrielle Girouard portant et montrant fièrement des objets typiques de leurs origines acadienne et métis.

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VAL-DES-LACS | Un couple formé d’un Métis et d’une Acadienne passe sa retraite à voyager dans les lieux historiques pour découvrir leurs origines.

Claude Riel Lachapelle et Gabrielle Girouard, de Val-des-Lac, dans les Laurentides, sont passionnés de généalogie et d’histoire. Lui est métis et il aime visiter les endroits riches en histoire de son peuple. Elle est acadienne et souhaite découvrir l’histoire de son peuple.

Le couple retraité du réseau de la santé depuis cinq ans voyage depuis 2014 dans le but de renouer avec ses origines.

Marcher à la même place

Ils étaient très émotifs lorsqu’ils sont arrivés dans la vallée d’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, là où a eu lieu la déportation des Acadiens en 1755. Mais le plus gros choc s’est produit lorsqu’un Acadien, nommé Jean Béliveau, leur a indiqué sur une carte l’endroit où les Acadiens ont été dépossédés.

«Il nous a dit de bien regarder puisque c’étaient nos ancêtres qui étaient là. Curieuse­ment, lorsque ma femme marchait à cet endroit, elle se sentait bizarre, pas comme d’habitude. Je vous en parle et j’ai des frissons», explique Claude Riel Lachapelle.

«C’est très émouvant de marcher où tes ancêtres ont vécu, ça m’a fait vivre plusieurs émotions», dit Gabrielle Girouard.

Le couple s’est acheté un véhicule récréatif pour voyager et découvrir le passé tragique de leurs peuples respectifs.

Ils souhaitent vendre leur maison pour avoir moins d’obligations et voyager pendant de plus longues périodes. Leur maigre fonds de pension ne leur permet pas de partir aussi longtemps qu’ils le voudraient en ce moment.

Le village acadien de Chéticamp­­, au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Lorsque le couple voyage, il a besoin d’être constamment près de l’eau.
Photo courtoisie
Le village acadien de Chéticamp­­, au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Lorsque le couple voyage, il a besoin d’être constamment près de l’eau.

Origines

C’est grâce à la généalogie que Mme Girouard a appris que ses deux parents étaient Acadiens. Son père, qui ne l’a jamais su, est décédé en ignorant ses origines.

«Pourtant, si nous avions su que nous étions Acadiens, nous aurions sûrement déménagé», soutient-elle.

Le fait de connaître la vérité sur ses origines répond à plusieurs de ses questions sur elle.

«Je sentais qu’il me manquait quelque chose (pour m’épanouir). Ces voyages me comblent, mais ils m’apportent également une énorme tristesse et un grand vide», confie l’Acadienne.

Elle souhaite maintenant regarder en avant et connaître tout sur son passé et celui de son mari.

Pour réaliser ses objectifs, le couple s’est équipé d’un VR plus spacieux et d’un pick-up. En 2015, ils ont roulé vers le nord du Québec pour s’arrêter en Basse­­-Côte-Nord.

«J’avais besoin de renouer avec mon passé. Il y a énormément de ressemblance entre la langue innue et la langue métchif (langue parlée par les Métis). Je devais y retourner», a mentionné M. Riel Lachapelle.

Claude Riel Lachapelle a très hâte de se rendre dans Les Prairies l’an prochain pour en apprendre davantage sur le peuple Métis. Lui qui a connu une forte crise identitaire lorsqu’il était plus jeune souhaite comprendre d’où il vient.

Canada

À la lumière de leurs voyages, les amoureux déplorent que les jeunes Canadiens ne connaissent pas bien leur pays.

Ils souhaitent que les Canadiens apprennent pendant qu’ils sont jeunes d’où ils viennent pour qu’ils se connaissent mieux et sachent vers où aller.

«On lance un message à notre gouvernement: pourquoi ne pas donner un crédit d’impôt aux jeunes familles qui voyagent dans leur pays. Nos jeunes doivent connaître leur pays, leur histoire et leurs origines», déclare le couple.

Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, a été un coup de cœur pour le couple. Cette­­ ville fait partie du patri­moine mondial depuis­ 1995; elle a d’abord été habitée par des Autochtones et par la suite par les Acadiens.
Photo courtoisie
Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, a été un coup de cœur pour le couple. Cette­­ ville fait partie du patri­moine mondial depuis­ 1995; elle a d’abord été habitée par des Autochtones et par la suite par les Acadiens.

Leurs trois coups de cœur

  • L’île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse)
  • La ville de Lunenburg (Nouvelle-Écosse)
  • Le Nouveau-Brunswick

Les trois endroits qu’ils veulent absolument visiter

  • Du Manitoba jusqu’à Vancouver pour découvrir l’histoire métisse
  • Terre-Neuve et l’île Saint-Pierre
  • L’île Madame, en Nouvelle-Écosse

Leurs rêves

  • Visiter l’Italie et la ville de Jérusalem

Grâce au Congrès mondial acadien

Claude Riel Lachapelle et Gabrielle Girouard ont trouvé leur projet de retraite pendant le 5e Congrès mondial acadien qui avait lieu au Nouveau­­-Brunswick en 2014.

Pendant le Congrès, ils ont découvert l’histoire aca­dien­ne et ont décidé de voyager pour découvrir leurs origines­­.

Ils ont acquis un motorisé pour voyager dans les lieux marquants des Métis et des Acadiens.

Congrès mondial acadien

Mme Girouard a reçu une invitation pour se rendre à ce congrès.

Cet événement a lieu tous les cinq ans et il a pour objectif de rassembler les Acadiens de partout dans le monde.

Dans la lettre, Gabrielle Girouard était invitée à aller rencontrer la grande famille des Girouard, dont la plupart des membres ont été déportés de la Nouvelle-Écosse vers le Nouveau-Brunswick, et quelques-uns au Québec.

Le couple était emballé et souhaitait aller rencontrer ses «cousins».

«Je venais de terminer la rédaction d’un livre sur le peuple métis pour démystifier ce peuple. Les deux peuples (Acadiens et Métis) sont très proches. À la suite de la déportation, les Micmacs­­ ont pris soin des Acadiens», relate Claude Riel Lachapelle.

Un coin méconnu

L’Acadie était absolument inconnue à M. Riel Lachapelle. Cherchant à connaître ses origines et à comprendre d’où il vient, il a rapidement accepté de faire partie de ce voyage.

Ce fut le coup d’envoi de leur quête, ils devaient maintenant trouver un moyen de voyager et d’être indépendants.

Le Congrès durait 17 jours et ils sont finalement restés dans l’est de la province pendant un mois et demi à la découverte des villages acadiens.