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Mosquées sous surveillance

Elles veulent augmenter leur sécurité, car elles reçoivent souvent des messages et des appels haineux

 L’imam Saïd Youssef Fawaz mène la prière avec les fidèles à la mosquée Al-Omah Al-Islamiah au centre-ville de Montréal. S’il n’aurait jamais pensé voir un tel acte terroriste comme celui de Québec, il ne se sent plus protégé ici, maintenant.
Photo charlotte follana L’imam Saïd Youssef Fawaz mène la prière avec les fidèles à la mosquée Al-Omah Al-Islamiah au centre-ville de Montréal. S’il n’aurait jamais pensé voir un tel acte terroriste comme celui de Québec, il ne se sent plus protégé ici, maintenant.

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Des mosquées de Montréal renforcent leur sécurité à la suite de la tuerie de Québec, ne se sentant pas à l’abri d’un même acte terroriste ici. D’autant plus qu’ils reçoivent constamment des insultes et des menaces.

«Ce n’est pas parce qu’on est à Montréal qu’on est plus protégés. On reçoit parfois des appels téléphoniques haineux», soutient l’imam de la mosquée Al-Omah Al-Islamiah, Saïd Youssef Fawaz.

Lundi, les policiers de Montréal et de Laval patrouillaient autour des dizaines de mosquées de la région pour rassurer les fidèles et prévenir les incidents.

«L’arrivée de Trump au pouvoir a un lien indirect sur les attentats», croit l’imam Saïd Youssef Fawaz, ajoutant que son lieu de culte de Ville-Marie n’a heureusement jamais été le théâtre d’un incident majeur.

Ahmed Chihane, président du Centre islami­que de Verdun, regarde maintenant avec crainte derrière lui quand il prie.
photo ben pelosse
Ahmed Chihane, président du Centre islami­que de Verdun, regarde maintenant avec crainte derrière lui quand il prie.

Racisme

Mais son concierge, Mohamed Monji, a récemment été insulté. «Un homme qui passait devant m’a fait un doigt d’honneur et m’a crié “Rentre chez toi”», confie le Tunisien, qui vit au Québec depuis 67 ans.

Pour sa part, le président du Centre islamique de Verdun, Ahmed Chihane, croit que l’extrémisme et l’intolérance se sont propagés depuis quelques mois, notamment sur les médias sociaux.

«Il y a beaucoup de commentaires de personnes haineuses sur Facebook, remarque-t-il. Nous ne sommes pas dans un climat sain. [...] Je ne pensais pas que cela arriverait ici, au Canada.»

Des fidèles lui ont rapporté toutes sortes d’incidents racistes, dit-il, où ils ont été agressés verbalement ou physiquement dans le quartier. Une femme se serait même déjà fait arracher son voile.

Sharmin Kabir et Samira Reza, qui fréquentent toutes les deux le Centre islamique du Québec, voient toujours le Québec comme une terre d’accueil chaleureuse.
photo hugo duchaine
Sharmin Kabir et Samira Reza, qui fréquentent toutes les deux le Centre islamique du Québec, voient toujours le Québec comme une terre d’accueil chaleureuse.

Plus de sécurité

Plusieurs mosquées visitées lundi par Le Journal comptaient renforcer leur sécurité. Déjà, au Centre islamique du Québec dans l’arrondissement Saint-Laurent, des fidè­les surpris se butaient à des portes verrouillées pour une première fois.

«Nous allons être plus prudents», dit Danish Mazaffar, administrateur de la toute première mosquée du Québec, qui accueille plus de 150 fidèles cinq fois par jour.

Au Centre communautaire laurentien et à la mosquée Al-Rawdah, on compte faire appel à un programme fédéral pour ajouter des camé­ras et éclairer le stationnement.

Ces derniers mois, son directeur général Samer Elniz dit «ressentir la peur» qu’un drame comme celui de Québec s’y produise.

«De temps en temps, on reçoit des lettres ou des messages haineux sur la boîte vocale. Parfois, il y a des graffitis ou des vitres sont cassées», énumère-t-il.

Son centre, lié à l’Association musulmane du Canada, n’a aucun lien radical, assure-t-il et promeut la paix, comme sa religion.

– Avec la collaboration de Charlotte Follana