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Un autre tourment pour les musulmans

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Rien n’est pareil pour les musulmans depuis le 11 septembre. Les gestes hostiles, le vandalisme contre les mosquées et le message du président Trump n’avaient rien pour aider alors que l’attentat terroriste contre leur communauté s’ajoute à leurs tourments.

Des membres de la communauté musulmane se faisaient un sang d’encre devant la grande mosquée, lundi matin, alors que les identités des six défunts ne sont toujours pas publiées. «C’est sûr que c’est des gens que je connais, on se connaît tous», s’inquiète Kenza, qui vit à Québec depuis plus de 40 ans.

Photo Stevens LeBlanc

Elle a grandi rue Couillard, dans le Vieux-Québec, en harmonie avec des enfants de toutes les couleurs. «Depuis le 11 septembre, on a commencé à pointer les musulmans, et depuis, c’est omniprésent.» Depuis ce jour de 2001, «j’ai appris que j’avais une couleur alors qu’avant, je ne me sentais pas immigrante.»

Photo Stevens LeBlanc

Les messages hostiles distribués dans le voisinage, la tête de porc, les vitres brisés, «ça fait un différence», admet-elle. «Je sens que c’est de plus en plus difficile de vivre à Québec.»

Pourtant, dit-elle, «la communauté ici n’est pas radicale, elle est à l’image de Québec : tranquille, ouverte. Ces gens-là ont choisi Québec parce que c’est tranquille!»

Photo Stevens LeBlanc

«Ça ne change rien à notre volonté de vivre ensemble», ajoute cependant Abdallah Tazi, qui vit à Québec depuis 2006. Ce message a maintes fois été relayé par les leaders musulmans de la ville, en conférence de presse avec le maire et le premier ministre, à l’hôtel de ville, lundi matin.

Mais le contexte n’est pas facile, conclut-il. Il est d’avis que les propos et les gestes hostiles aux étrangers véhiculés par le nouveau président américain, Donald Trump, «nourrit le message et les actes de haine».

Photo Stevens LeBlanc